Pragmatiques ou volontaristes ?
Jean-Philippe Grand | 11 mai 2008Lorsqu’elle évoque la politique de subvention pour la rénovation des façades du centre ancien, l’équipe municipale parle volontiers de “politique volontariste” en vue de l’embellissement d’Orléans. Quand il s’agit d’urbanisme et de construction, ce volontarisme cède la place au pragmatisme… et aux contraintes minimales en matière de développement durable !
Lorsqu’elle évoquait, lors d’une interview à France Bleu déjà mentionnée sur ce blog, ses exigences en matière de construction écologique, Marie Cugny-Seguin, nouvelle adjointe au développement durable, était plutôt ambitieuse, ce qui n’était pas pour me déplaire… Elle disait, je cite : “le HQE est un bon moyen de communiquer, parce que lorsque l’on parle de HQE, le grand public sait de quoi on parle, c’est-à-dire de bâtiments qui sont performants d’un point de vue énergétique, de bâtiments qui vont être économes en matières, de bâtiments qui vont récupérer l’eau de pluie, qui vont peut-être avoir des toitures végétalisées, avec des chantiers propres… En fait, j’espère que le quartier des Groues sera beaucoup plus ambitieux, je lui fixe un objectif beaucoup plus ambitieux. Je pense que ce qu’il faudrait, c’est arriver à travailler à obtenir des bâtiments à énergie positive, c’est-à-dire des bâtiments qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment (…)”. Il faut être ambitieux, il faut avancer, disait-elle…
L’engagement pris dans le cadre de l’Agenda 21 se bornait quant à lui (rubrique “habiter autrement”, actions 42 à 47) à “choisir la Haute Qualité environnementale (HQE)”. On sait que la démarche HQE est aujourd’hui sujette à caution car elle a pu servir d’alibi à des constructions écologiquement peu exemplaires (elle exige le respect de quelques unes seulement – 4 en “performant”, 3 en “très performant” – des 14 cibles recensées pour la gestion du chantier et le confort dans la construction, sans fixer de norme sur la performance énergétique par exemple).
Olivier Carré a récemment posé la première pierre de la résidence Beauséjour à l’Argonne, quatre pavillons HLM, premier projet en neuf à être labellisé aux “normes environnementales”, en l’occurrence la certification “Habitat et environnement” délivrée par l’Association Cerqual. Cette certification n’est rien d’autre qu’une version simplifiée de la démarche HQE, dont le principe est en fait d’être plus facilement appropriable par les professionnels néophytes…
Grosse chute dans le degré d’exigence : nous passons de la “réalisation exemplaire” au “peut mieux faire”, pour aboutir finalement au “c’est mieux que rien”… auquel la politique “pragmatique” prônée par Olivier Carré nous condamne pour le moment. Bien loin du volontarisme affiché sur d’autres sujets…
J’espère que Marie Cugny-Seguin va conserver une exigence à son degré maximum, et emporter l’arbitrage de Serge Grouard, qui multiplie les déclarations en ce sens mais n’a pas encore fait preuve d’exemplarité. Sur le sujet, je resterai prudent, car la réponse de l’adjointe au développement durable concernant les bâtiment du CHRO me laisse dubitatif : “On peut mieux faire, mais c’est déjà beaucoup”.






