« Assises de la culture » version Grouard, un outil politique trompeur
avril 30, 2013 dans Culture, Orléans
Le débat mené en conseil municipal à propos de la tenue de ces « assises de la culture » me semble révélateur, une nouvelle fois, de la façon dont la municipalité actuelle envisage la concertation. Très vite, les interventions des élus de la majorité ont fait dévier le débat d’une critique qui portait non pas sur la richesse de l’offre culturelle, que chacun reconnaît comme importante, mais sur le mode d’organisation et l’ampleur du dialogue mené avec les acteurs culturels et les citoyens.
Vexés sans doute de ce constat d’un dispositif de concertation peu efficace et qui aura totalement négligé une réflexion sérieuse sur les perspectives à tracer, maintenant qu’un certain nombre de pistes d’améliorations sont suggérées, tant M. Valette que M. Grouard auront cherché à déplacer les arguments vers la justification de leur bilan.
Certes, le potentiel de propositions culturelles est important à Orléans, comme dans de nombreuses villes de la même taille. Et les services de la municipalité consacrent beaucoup d’énergie et un budget non négligeable pour essayer de soutenir les projets. Mais organiser des assises de la culture consistait précisément à identifier les dispositifs qui marchent bien (ou pas), à confirmer ou infirmer les priorités des années à venir… À faire un peu de prospective donc, en étant à l’écoute des citoyens, acteurs et publics de l’offre culturelle. En prenant soin bien évidemment de chercher à inclure tout particulièrement ceux qui ne sont pas, pas encore, acteurs et/ou publics…
Au lieu de cela, M. le maire et son adjoint à la culture auront simplement cherché à profiter de la tribune pour dire tout le bien qu’ils pensaient de leur action, s’auto-congratulant mutuellement d’une politique qui, à les entendre, ne mérite pas vraiment de changer en quoi que ce soit. Tout va bien, les actions sont parfaites dans tous les domaines, et nos édiles n’ont manifestement aucune leçon à recevoir quant à l’action culturelle dans les écoles et dans les quartiers, par exemple. C’est bien connu, la diversité des publics et de l’offre culturelle est parfaite à Orléans ! C’est d’ailleurs sans doute la seule ville en France où il n’est pas nécessaire de soulever ces problématiques !
Tout juste consent-on en haut lieu à admettre qu’il faudrait à Orléans un « marqueur » culturel mieux identifié, tarte à la crème d’une reconnaissance plus forte grâce à une « identité culturelle » propre… S’il y a pourtant bien quelque chose qui ne se décrète pas par les politiques ! Cela se construit plutôt patiemment, en étant précisément à l’écoute et en soutien des projets associatifs de terrain, et en contribuant à fournir des opportunités, des lieux de résidence, de création et d’exposition.
La municipalité actuelle a conçu, en fin de mandat, ces « assises » comme un outil politique, non comme un outil de travail. Pas vraiment d’écoute, mais plutôt la volonté de justifier et de valoriser des choix faits en amont de toute concertation.
Mais à trop s’auto-congratuler, on ne parvient plus à identifier correctement les améliorations possibles et les évolutions nécessaires. À trop jouer les professeurs condescendants, on ne parvient plus à être en position d’écoute et de compréhension.
Il faudra relancer une procédure beaucoup plus étendue, ouverte et ambitieuse, dès le début du prochain mandat…




