« Assises de la culture » version Grouard, un outil politique trompeur

avril 30, 2013 dans Culture, Orléans

Le débat mené en conseil municipal à propos de la tenue de ces « assises de la culture » me semble révélateur, une nouvelle fois, de la façon dont la municipalité actuelle envisage la concertation. Très vite, les interventions des élus de la majorité ont fait dévier le débat d’une critique qui portait non pas sur la richesse de l’offre culturelle, que chacun reconnaît comme importante, mais sur le mode d’organisation et l’ampleur du dialogue mené avec les acteurs culturels et les citoyens.

Vexés sans doute de ce constat d’un dispositif de concertation peu efficace et qui aura totalement négligé une réflexion sérieuse sur les perspectives à tracer, maintenant qu’un certain nombre de pistes d’améliorations sont suggérées, tant M. Valette que M. Grouard auront cherché à déplacer les arguments vers la justification de leur bilan.

Certes, le potentiel de propositions culturelles est important à Orléans, comme dans de nombreuses villes de la même taille. Et les services de la municipalité consacrent beaucoup d’énergie et un budget non négligeable pour essayer de soutenir les projets. Mais organiser des assises de la culture consistait précisément à identifier les dispositifs qui marchent bien (ou pas), à confirmer ou infirmer les priorités des années à venir… À faire un peu de prospective donc, en étant à l’écoute des citoyens, acteurs et publics de l’offre culturelle. En prenant soin bien évidemment de chercher à inclure tout particulièrement ceux qui ne sont pas, pas encore, acteurs et/ou publics…

Au lieu de cela, M. le maire et son adjoint à la culture auront simplement cherché à profiter de la tribune pour dire tout le bien qu’ils pensaient de leur action, s’auto-congratulant mutuellement d’une politique qui, à les entendre, ne mérite pas vraiment de changer en quoi que ce soit. Tout va bien, les actions sont parfaites dans tous les domaines, et nos édiles n’ont manifestement aucune leçon à recevoir quant à l’action culturelle dans les écoles et dans les quartiers, par exemple. C’est bien connu, la diversité des publics et de l’offre culturelle est parfaite à Orléans ! C’est d’ailleurs sans doute la seule ville en France où il n’est pas nécessaire de soulever ces problématiques !

Tout juste consent-on en haut lieu à admettre qu’il faudrait à Orléans un « marqueur » culturel mieux identifié, tarte à la crème d’une reconnaissance plus forte grâce à une « identité culturelle » propre… S’il y a pourtant bien quelque chose qui ne se décrète pas par les politiques ! Cela se construit plutôt patiemment, en étant précisément à l’écoute et en soutien des projets associatifs de terrain, et en contribuant à fournir des opportunités, des lieux de résidence, de création et d’exposition.

La municipalité actuelle a conçu, en fin de mandat, ces « assises » comme un outil politique, non comme un outil de travail. Pas vraiment d’écoute, mais plutôt la volonté de justifier et de valoriser des choix faits en amont de toute concertation.

Mais à trop s’auto-congratuler, on ne parvient plus à identifier correctement les améliorations possibles et les évolutions nécessaires. À trop jouer les professeurs condescendants, on ne parvient plus à être en position d’écoute et de compréhension.

Il faudra relancer une procédure beaucoup plus étendue, ouverte et ambitieuse, dès le début du prochain mandat…

Lutte contre l’homophobie: Orléans doit mieux faire !

avril 12, 2013 dans Cohésion sociale, Orléans

Mardi soir, le Sénat votait le premier article de la loi sur le Mariage pour tous. Même si l’adoption de cette loi et la reconnaissance de l’égalité de tous/toutes les citoyens/nes face à l’union est une belle avancée dans une société profondément républicaine, la marche est encore longue dans le combat contre l’homophobie.

Ce mercredi, une manifestation a eue lieu sur le parvis de l’Hotel de Ville de Paris. Il s’agit d’un rassemblement contre l’homophobie et pour l’égalité spontanément organisé par Act Up et soutenu par de nombreuses associations et partis politiques, dont EELV, en réponse aux violences et exactions commises ce week-end : dégradation du local accueillant le Printemps des associations LGBT aux Blancs Manteaux (Paris), saccage de la voiture d’une sénatrice, harcèlement d’une autre, et, surtout, la violence qu’ont subie Wilfred de Bruijn et son compagnon, ainsi que les appels à la violence du GUD.

Face au constat d’ SOS-Homophobie de la recrudescence de la violence homophobe, le comité Idaho, organisateur de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, et le think tank République et diversité ont établi le classement des cinquante plus grandes villes françaises en matière de lutte contre l’homophobie. 

Orléans a un résultat déplorable : pensez qu’elle se retrouve 45ème sur 50 villes testées. Orléans est une ville qui ne combat pas l’homophobie.

Lorsqu’on sait que le budget du Centre Communal d’Action Social a été voté à la baisse, alors que des associations comme le GAGL 45, Aides, les Enfants d’Arc en Ciel et bien d’autres luttent chaque jour, entre autres, pour combattre ce fléau, il est inquiétant d’avoir une telle politique.

L’homophobie c’est chaque jour des suicides d’ado, des harcèlements au travail, de la peur dans les cités, de l’exclusion dans les campagnes.

Il est donc essentiel qu’une politique municipale ambitieuse soit menée sur ces questions, malgré le positionnement des députés UMP d’Orléans contre l’évolution vers l’égalité qu’est la réforme dite du Mariage pour tous.

classement Idahomètre

Arena: Un projet bien mal anticipé

mars 24, 2013 dans Arena, Orléans, Politique - politique locale, Urbanisme

Jai eu l’occasion de montrer en conseil municipal que le projet d’Arena porté par le maire d’Orléans, qui ne nous a par ailleurs toujours pas été presenté, nécessite déjà des avenants alors que son budget n’est toujours pas ficelé.

Vous avez dit marketing territorial ?

mars 13, 2013 dans Orléans, Politique - politique locale

Déferlante de propagande concernant les projets d’urbanisme orléanais ces dernières semaines…
Il y a eu bien sûr le lancement d’« Orléans 2025 », exposition et brochure dites et redites gratuites, mais qui n’en auront pas moins coûté a minima 350 000 € à la ville (c’est-à-dire, au final, un peu aux citoyens, non ?) et aux partenaires de la ville (c’est-à-dire, au final, un peu aux clients de ceux-ci…).
Il y a eu aussi une série d’Assemblées Générales de quartiers, séances d’auto-satisfaction municipale, lors desquelles on a pu assister à de longs monologues du maire. Ce fut une véritable caricature à St Marceau puisqu’après 45 minutes de monologue, le maire s’est cru obligé d’offir la parole à ses adjoints présents pour tout de suite la reprendre pour un peu plus d’une heure ! La démocratie participative n’a même pas atteint le premier cercle du maire, alors quant à espérer que les orléanais soient écoutés, on peut rêver…

Mais tout ça, ce ne sont bien entendu que des supports pour la concertation avec les habitants, et il faudrait sans doute avoir un esprit bien chagrin pour y voir une vaste opération de communication destinée à dresser un bilan aussi flatteur que possible des réalisations de la municipalité ces 10 dernières années…

Tout y passe pourtant des techniques commerciales des promoteurs immobiliers : photos, maquettes, tablettes tactiles, films de prévisualisation numérique (tiens, pas de 3D ! bizarre, c’est à la mode et cela aurait pu impressionner !)…
Tout y passe pourtant des techniques marketing de valorisation virtuelle des projets dont la réalité, s’ils viennent à être réalisés, est naturellement beaucoup plus prosaïque… Chacun le constate souvent en comparant ce qu’il a dans son assiette et l’image publicitaire vue à la télé ou sur le packaging, ou en comparant les images sur la brochure du promoteur et la réalité de l’immeuble construit à côté de chez lui…

On le sait, mais cela fonctionne malgré tout pas si mal, et l’on finit par se faire avoir quand même… Car ces techniques marketing sont éprouvées, trompeuses mais diablement efficaces…

Éric Doligé et Charles-Éric Lemaignen ont présenté il y a quelques jours au Conseil Général leur propre opération de communication : le marketing territorial. Comme Serge Grouard ces derniers temps transformé en un maire-VRP des projets municipaux, ils se font les chantres de collectivités territoriales transformées en entreprises devant faire face à d’autres collectivités considérées comme adversaires.
Toures les techniques de communication leurs paraissent alors justifiées, sous l’alibi de valoriser leur collectivité dans cette compétition acharnée. Gare a celui qui mettrait en cause leurs projets mirobolants, il pourrait bien vite être accusé de nuire à l’image de son propre « camp »…
Pourtant, les caractéristiques de ces projets censés valoriser notre territoire sont toujours les mêmes : de grandes infrastructures particulièrement coûteuses, investissements colossaux reportés sur les décennies à venir par la « grâce » des PPP, pour lesquels aucune alternative n’est étudiée, dont la viabilité n’est pas clairement établie, dont l’utilité est plus que douteuse et à propos desquels le sentiment des citoyens n’a bien évidemment jamais été demandé…

Tout cela s’explique mieux si l’on comprend que se cache en réalité derrière ce « marketing territorial » un marketing politique : la promotion des projets et des réalisations auprès des électeurs, sorte de pré-campagne électorale, où c’est davantage la gloriole du promoteur en chef qui est recherchée…
Et tout ce discours se construit en essayant de faire oublier la face cachée du marketing : dans le contexte de compétition qui sert de justification, tous les coups sont permis, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses objectifs, même si au passage il faudra camoufler de gros défauts, même si au passage il faudra étouffer d’autres projets. En constatant bien souvent, dans la sphère purement commerciale, que ceux qui mettent beaucoup d’énergie à chercher à nous convaincre le font pour les produits souvent les moins intéressants, les moins adaptés, ceux qui cachent le plus de défauts, ceux dont nous avons en réalité le moins besoin…
Lorsqu’il s’agit d’un pot de yaourt, la méprise n’est pas bien grave, et l’on aura vite fait de corriger son erreur en cessant de consommer ce produit et en portant son choix sur des produits aux bénéfices plus réels. Mais lorsqu’il s’agit de plusieurs millions d’investissements, nous n’avons pas le droit à l’erreur, et nous ne devons pas nous laisser leurrer par de belles images et de belles promesses.

Tout ce discours se construit en assimilant de façon très dogmatique collectivité et entreprise et en focalisant sur une prétendue inévitable « compétition ». Ne serait-il pas plus intéressant, particulièrement en période de crise, de valoriser les coopérations, les mutualisations entre collectivités, les projets en synergie plutôt qu’en affrontement ?
Car se projeter dans une telle perspective de compétition, c’est évidemment aussi contraindre ceux qui pourraient être des partenaires à devenir nos adversaires, les pousser à avoir la même attitude en retour, c’est-à-dire s’engager dans une fuite en avant de concurrence dévastatrice.
C’est aussi par ce raisonnement que sont privilégiés les partenariats publics-privés, au détriment de la coopération inter-collectivités, et malheureusement ainsi au mépris du soutien mutuel entre partenaires publiques.

Tout cela repose en réalité avant tout sur des attitudes de petits barons politiques locaux qui cherchent à forger une image personnelle, à préserver des intérêts purement locaux et individuels en tirant la couverture à soi…

Cette vision marketing est destructrice à la fois des projets réellement utiles à nos collectivités que des relations de partenariat et de solidarité qu’il faudra construire entre nos collectivités.
Changeons d’optique, de raisonnement. Changeons de logiciel de gestion, nos collectivités ne sont pas des entreprises qui auraient à se vendre auprès de consommateurs. Ce sont des projets communs où doit s’exprimer la solidarité plutôt que la compétition.

Malheureusement il y a Findus !

février 12, 2013 dans Agriculture, Communiqués, Europe, France, Orléans, Planète Terre, Santé

carcasse

Les fabricants de plats surgelés font mine de découvrir avec stupeur qu’ils ont été trompés et que du cheval s’est glissé dans leur viande « pur boeuf ». Au point de porter plainte contre X, puisque retrouver celui qui a « transformé » de la viande de cheval en boeuf est difficilement identifiable. La seule question qu’il faudrait se poser est comment est-il possible de voir autant d’intermédiaires entre l’éleveur et l’atelier de préparation des plats prendre leur marge sans généralisation de ce genre de pratiques ?
Il a bien fallu à un moment ou à un autre que la viande prenne artificiellement de la valeur pour que chacun y trouve son compte.
Le législateur pensait qu’en imposant la traçabilité, il règlerait le problème et que le « marché » ferait le reste. Voici la preuve éclatante qu’il n’en est rien.
Que cette viande ait transité par autant d’intermédiaires ne pouvait avoir pour but que de rendre difficile pour les services de l’AFSSA (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), le contrôle et le suivi de ces bêtes. Ce circuit de la malbouffe ne peut être que délibérément tracé pour brouiller les pistes.
C’est donc bien le libéralisme qu’il faut dénoncer ici car au nom du libre échange et de la libre circulation des denrées dans le monde, certains s’adonnent à des pratiques malhonnêtes qui en définitive ne trompent que le consommateur. Comment expliquer qu’un kilo de viande passé par cinq intermédiaires qui, légitimement, ont chacun pris une marge avant de la revendre, soit acheté moins cher qu’en direct par un fabricant de plats préparés s’il n’y a pas tromperie sur la marchandise ? Les acheteurs sont bien naïfs ou complices d’un système qui devient fou.
Quant aux moyens donnés à l’AFSSA pour exercer sa mission, ils sont notoirement insuffisants et le scandale Findus n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si des décisions courageuses ne sont pas prises rapidement. Un contrôle systématique des aliments qui passent par plus de deux intermédiaires entre le producteur et le client final permettrait de déceler les pratiques douteuses.
Ma préférence va bien sûr à un circuit plus court directement du producteur au consommateur. Une étude précise de ce que coûte un plat préparé à la maison avec des ingrédients achetés en direct montre que chaque portion est moins chère, plus goûteuse, plus fraîche et sans aucun doute meilleure pour la santé. Et puis faire travailler un producteur qui habite à quelques dizaines de kilomètres de chez soi a quelque chose de valorisant, fait sens en terme de vie en communauté. Privilégier les circuits courts pour ces raisons ne revient pas, comme certains tentent de la caricaturer, au repli sur soi. Il s’agit d’actes citoyens responsables qui cherchent à rompre le cercle vicieux de l’industrie agroalimentaire et à limiter leur impact sur la planète.

Accessibilité : Orléans stagne toujours !

février 11, 2013 dans Cohésion sociale, Communiqués, Développement durable, Orléans, Santé, Urbanisme

le-barometre-apf-de-l-accessibilite-2012-fait-bouger-les-vilPour la nouvelle édition, millésime 2012, publié en 2013, de son « baromètre de l’accessibilité », L’APF, association des paralysés de France, a choisi pour slogan « le baromètre de l’accessibilité fait bouger les villes »… Elle se félicite en effet d’avoir pu, grâce à cet outil, à la fois susciter et mesurer la progression de nombreuses villes, même si l’objectif d’une réelle accessibilité en 2015, promulgué par la loi dès 2005, reste malheureusement encore tout à fait hypothétique.
L’an dernier à même époque, à l’occasion de la précédente édition, j’avais publié un article pour analyser les performances d’Orléans dans ce baromètre :

Dans le classement 2010, Orléans était fort mal positionnée, avec une note bien en dessous de la moyenne (8,9), tout particulièrement dans la catégorie « politique locale volontariste » (6 sur 21 !). L’ambition locale partait de très très loin ! Il y a eu, sous cet aspect, un progrès dans les classements 2011 et 2012, sans doute sous l’effet de la pression médiatique des rapports de l’APF, et c’est tant mieux…
Le classement d’Orléans s’est ainsi un peu amélioré, en restant toutefois très moyen en 2011 (48e sur 96). Pour 2012, le classement baisse malencontreusement (50e), même si la note globale est très légèrement en hausse (11,9 contre 11,5 en 2011). Bilan : Orléans stagne, reste engluée dans le milieu de classement en peinant à mettre en place des réalisations concrètes et efficaces, pendant que d’autres villes parviennent à progresser.
La note concernant le « cadre de vie adapté » demeure amèrement moyenne (12/21) et surtout, ce qui est vraiment inquiétant, l’évaluation de ce qui concerne l’accessibilité aux équipements municipaux et aux transports est en baisse et terriblement mauvaise : 7 sur 20 !
Il reste donc malheureusement beaucoup à faire pour améliorer cette situation de discrimination et parvenir à satisfaire aux objectifs de la loi d’accessibilité de 2005. Objectifs qui ne devraient pas apparaître comme une contrainte puisqu’ils concernent en réalité, comme le rappelle régulièrement et à juste titre l’APF, toute la population (personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, confort procuré aux personnes valides). C’est un objectif affiché également avec pertinence dans tous les plans de développement durable, y compris dans l’agenda 21 orléanais, même si cela ne semble pas en l’occurrence suffire à faire évoluer favorablement la situation…
Orléans doit réagir vite. Et il suffit d’observer comment une ville de taille comparable, Caen, a pu être exemplaire à ce sujet, pour comprendre que c’est en réalité à notre portée. Caen a fait preuve d’un volontarisme remarquable (21/21 chaque année) et de progrès importants sur l’adaptation des équipements municipaux (partant d’environ 10/20, la ville est parvenue à décrocher cette année la note de 16,8/20 !). L’évaluation globale est ainsi passée pour Caen de 12,2 à 16,7, et son classement de 25e à 7e pour arriver à la place de 3e des 96 principales villes de France en 2012 !
On rêve d’une trajectoire identique à Orléans. Il faut changer de braquet sans tergiverser. La ville s’honore d’avoir des capacités d’investissement importantes. Ne reste plus qu’à les employer à bon escient, pour faire progresser la qualité de vie au bénéfice de tous. L’attractivité de la ville passe en réalité d’abord par là.

Dans les chiffres publiés en 2013, l’évolution d’Orléans montre que cet espoir d’une politique beaucoup plus volontariste n’a malheureusement pas été exaucé… Et je pourrais presque faire un copier-coller du commentaire de l’année dernière : une légère hausse de la note globale (12,3 au lieu de 11,9), mais un classement qui s’enfonce : Orléans est désormais 67e ! Une chute record de 17 places (sur une liste de 96 communes) qui montre à quel point cette année encore Orléans est en décalage avec les progrès sensibles de nombreuses villes. Pendant que les autres agissent, Orléans stagne toujours…
Il reste encore à peine vingt villes qui se montrent moins responsables et volontaristes qu’Orléans. Combien en 2014 si la majorité continue à se bercer de beaux discours sur l’éthique et le développement durable ?

Un PLU enfin?

février 4, 2013 dans Orléans, Urbanisme

Cela fait trois ans que je réclame à Olivier Carré le PLU qui aurait dû voir le jour pour simplifier les règles d’urbanisme d’Orléans. Le résultat ? Un projet de plusieurs milliers de pages qui n’est qu’un POS avec PLU écrit dessus. Voici l’intervention que j’ai faite en conseil municipal sur le sujet.

Ecole Chardon : du temps et de l’argent perdus !

janvier 23, 2013 dans Communiqués, Orléans, Urbanisme

Je suis intervenu en conseil municipal de décembre pour dénoncer ce qui apparait pour moi comme un gaspillage d’argent public. Voici la réaction de madame Sauvegrain et les commentaires que cela appelle de ma part.

Dans un PPP, il est faux de dire que le projet architectural n’est visible qu’au moment de l’offre finale.
Il y a 3 phases : PPS (projet de partenariat sommaire), PPD (projet de partenariat détaillé) puis offre finale.
Au PPS, le niveau de définition du projet architectural fixe les perspectives, les façades et les plans. Le projet est obligatoire car il est nécessaire aussi au chiffrage de l’entreprise, et à l’offre financière. Il y a un oral où les architectes sont auditionnés. Ils présentent leurs projets, la commission fait des remarques d’abord à l’oral puis par écrit pour déclencher la phase PPD (si le candidat est autorisé à poursuivre). Si les projets ne donnaient pas satisfaction, ils auraient pu être arrêtés là ce qui aurait permis de réduire les délais et les indemnités des candidats… Mais surtout la majorité aurait pu en faire part, dire pourquoi… et demander un autre projet pour la phase PPD.

Au PPD, la procédure est la même mais avec des projets de niveau permis de construire.
Vient enfin l’offre finale, qui n’est qu’une offre financière affinée et qui s’ajuste sur les dernières remarques de la phase PPD.
Les projets n’ont donc pu être découverts avec l’offre finale comme l’affirme madame Sauvegrain dans la vidéo.

De plus, une maitrise d’ouvrage classique ne prendrait pas deux ans de plus, on l’a d’ailleurs vu avec le collège Montesquieu inauguré il y a peu à La Source. Du programme qui a défini les besoins à la livraison au Conseil Général, il n’aura fallu que deux ans !
Et je suis bien persuadé que les services de la ville sont aussi performants que ceux du Conseil Général.
Le dialogue compétitif en PPP dure le même temps et n’apporte donc aucun avantage de ce point de vue.

En conclusion :
le PPP ne va pas plus vite !
Le projet architectural est connu dès la première étape et mûri au fur et à mesure du dialogue.
En tout cas il s’agit bien dans cette affaire de gaspillage d’argent public, puisque si le projet ne convenait pas, cela n’a pas pu être une surprise !

Mme Sauvegrain cherche à minimiser ce gaspillage en évoquant un coût global de 30 millions, tout à fait exorbitant pour un gymnase et une école, même s’il s’agit d’un très gros groupe scolaire… Je ne saurais dire exactement quels autres aménagements dans ce secteur de la résidence Dauphine sont inclus dans ce chiffrage curieux et confus…
Elle laisse également entendre que cette décision à été prise avec l’assentiment des parents d’élèves et des enseignants, alors que ceux-ci n’ont jamais été en position de juger les projets candidats. Ils n’ont eu droit qu’à une réunion, une fois que la décision était prise, destinée uniquement à les informer en justifiant le report par une présentation sommaire et orientée sur tous les défauts attribués à ces projets.

Le plus grave pour moi est que les élèves et leurs professeurs devront attendre pour bénéficier des locaux décents qu’ils attendent depuis plus de dix ans maintenant.
Et pendant ce temps, la destruction du gymnase actuel débute bel et bien. Les écoles et les clubs du quartier n’auront plus cette précieuse solution durant au moins un an de plus que prévu. Un autre effet de cette déplorable gestion du dossier…

Une Aréna pour VIP ?

janvier 18, 2013 dans Arena, Communiqués, Orléans

Deux actualités ces jours-ci concernant l’Aréna.
D’un côté l’offensive médiatique du maire d’Orléans pour faire valoir la qualité architecturale du projet qu’il a choisi, et mettre en avant dans un prestigieux cabinet d’architecte parisien toute la magnificence, toute la splendeur et toute l’ambition de la construction.
De l’autre, la communication du rapport de la Cour des comptes « Sport pour tous et sport de haut niveau : pour une réorientation de l’action de l’État » qui met en cause le fonctionnement passé du CNDS, dévoyé de sa mission originelle : « Certains des financements du centre national pour le développement du sport ne répondent pas à l’objectif de développement du sport pour tous, mais découlent de la possibilité de disposer, par commodité, des ressources affectées de l’établissement. Ce type d’intervention doit prendre fin. (…) le centre national pour le développement du sport ne devrait plus financer des stades appelés à bénéficier essentiellement à des clubs professionnels. (…) La question du soutien de l’État à la construction dans des villes moyennes d’enceintes telles que les Arénas se pose en termes sensiblement différents, car il s’agit d’équipements polyvalents. Il reste qu’un soutien éventuel au financement de ces équipements devrait transiter par les crédits du programme “Sport”, plutôt que par ceux du centre national pour le développement du sport. »
Deux conceptions diamétralement opposées qui illustrent bien les problèmes que pose cet ostentatoire projet d’Aréna. Et là où Serge Grouard se méprend, c’est que la qualité architecturale n’est pas (encore) en jeu, d’autant que l’on ne saurait en juger pour le moment puisque les seuls éléments qu’il a laissé filtrer sont à visées marketing, images numériques et clinquantes.
Les dites images laissent pour autant entrevoir de ce côté un projet VIP, où les loges destinées aux partenaires et invités semblent magnifiques, et où la vue panoramique depuis le très chic restaurant sera certainement imprenable. Imprenable au sens propre du terme pour 95 % des spectateurs attendus dans cette Aréna, et 99 % des Orléanais qui auront contribué à financer le coûteux projet : ils n’auront guère l’occasion d’y accéder…
De l’autre côté, la constatation ici aussi que la capacité de financement de la ville d’Orléans, son endettement considérable sous forme de loyers extrêmement conséquents pendant 25 ans, iront non pas au développement du sport pour tous ou de la culture pour tous, mais à un projet axé sur l’événementiel-spectacle.

Dans ce débat, le maire s’arcboute sur sa conception de la grande œuvre architecturale qui est supposée donner du clinquant à son mandat et faire « rayonner » Orléans sur la scène internationale… Après un premier mandat très prudent, où il a centré son effort sur l’amélioration de l’image de l’hyper-centre-ville, le second n’a pas manqué d’être plus ambitieux et porté vers des projets destinés à laisser une trace plus ostentatoire et fastueuse. C’est le classique syndrome du second mandat… Par une gestion des dossiers fermée, confinée au cercle restreint du cabinet du maire et des principaux adjoints, où l’information se substitue à la concertation, considérée comme un risque de déstabilisation, de délais et de remise en cause insupportable, beaucoup des projets de la mairie ont été grandement retardés, voire abandonnés. Celui-là semble devoir, comme une fatalité, être mené jusqu’au bout par un maire toujours isolé et secret, envers et contre tout, quel qu’en soit le coût, car il lui apparaîtrait sans doute comme une reculade personnelle.

Un maire qui s’est enfermé tout seul dans une fuite en avant où l’orgueil et la fierté ont pris le pas sur le recul nécessaire à l’examen de tout dossier, où tendent à se confondre rayonnement personnel et rayonnement de la ville…
Que Serge Grouard mette son amour propre dans sa poche avec son mouchoir par dessus, et n’engage pas Orléans dans une voie qui profitera aux VIP mais bloquera pour l’avenir tous les projets destinés à valoriser sport, culture et services dans la proximité de nos quartiers.

Un budget développement durable bien faible

janvier 6, 2013 dans Développement durable, Orléans