Malheureusement il y a Findus !

février 12, 2013 dans Agriculture, Communiqués, Europe, France, Orléans, Planète Terre, Santé

carcasse

Les fabricants de plats surgelés font mine de découvrir avec stupeur qu’ils ont été trompés et que du cheval s’est glissé dans leur viande « pur boeuf ». Au point de porter plainte contre X, puisque retrouver celui qui a « transformé » de la viande de cheval en boeuf est difficilement identifiable. La seule question qu’il faudrait se poser est comment est-il possible de voir autant d’intermédiaires entre l’éleveur et l’atelier de préparation des plats prendre leur marge sans généralisation de ce genre de pratiques ?
Il a bien fallu à un moment ou à un autre que la viande prenne artificiellement de la valeur pour que chacun y trouve son compte.
Le législateur pensait qu’en imposant la traçabilité, il règlerait le problème et que le « marché » ferait le reste. Voici la preuve éclatante qu’il n’en est rien.
Que cette viande ait transité par autant d’intermédiaires ne pouvait avoir pour but que de rendre difficile pour les services de l’AFSSA (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), le contrôle et le suivi de ces bêtes. Ce circuit de la malbouffe ne peut être que délibérément tracé pour brouiller les pistes.
C’est donc bien le libéralisme qu’il faut dénoncer ici car au nom du libre échange et de la libre circulation des denrées dans le monde, certains s’adonnent à des pratiques malhonnêtes qui en définitive ne trompent que le consommateur. Comment expliquer qu’un kilo de viande passé par cinq intermédiaires qui, légitimement, ont chacun pris une marge avant de la revendre, soit acheté moins cher qu’en direct par un fabricant de plats préparés s’il n’y a pas tromperie sur la marchandise ? Les acheteurs sont bien naïfs ou complices d’un système qui devient fou.
Quant aux moyens donnés à l’AFSSA pour exercer sa mission, ils sont notoirement insuffisants et le scandale Findus n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si des décisions courageuses ne sont pas prises rapidement. Un contrôle systématique des aliments qui passent par plus de deux intermédiaires entre le producteur et le client final permettrait de déceler les pratiques douteuses.
Ma préférence va bien sûr à un circuit plus court directement du producteur au consommateur. Une étude précise de ce que coûte un plat préparé à la maison avec des ingrédients achetés en direct montre que chaque portion est moins chère, plus goûteuse, plus fraîche et sans aucun doute meilleure pour la santé. Et puis faire travailler un producteur qui habite à quelques dizaines de kilomètres de chez soi a quelque chose de valorisant, fait sens en terme de vie en communauté. Privilégier les circuits courts pour ces raisons ne revient pas, comme certains tentent de la caricaturer, au repli sur soi. Il s’agit d’actes citoyens responsables qui cherchent à rompre le cercle vicieux de l’industrie agroalimentaire et à limiter leur impact sur la planète.

Accessibilité : Orléans stagne toujours !

février 11, 2013 dans Cohésion sociale, Communiqués, Développement durable, Orléans, Santé, Urbanisme

le-barometre-apf-de-l-accessibilite-2012-fait-bouger-les-vilPour la nouvelle édition, millésime 2012, publié en 2013, de son « baromètre de l’accessibilité », L’APF, association des paralysés de France, a choisi pour slogan « le baromètre de l’accessibilité fait bouger les villes »… Elle se félicite en effet d’avoir pu, grâce à cet outil, à la fois susciter et mesurer la progression de nombreuses villes, même si l’objectif d’une réelle accessibilité en 2015, promulgué par la loi dès 2005, reste malheureusement encore tout à fait hypothétique.
L’an dernier à même époque, à l’occasion de la précédente édition, j’avais publié un article pour analyser les performances d’Orléans dans ce baromètre :

Dans le classement 2010, Orléans était fort mal positionnée, avec une note bien en dessous de la moyenne (8,9), tout particulièrement dans la catégorie « politique locale volontariste » (6 sur 21 !). L’ambition locale partait de très très loin ! Il y a eu, sous cet aspect, un progrès dans les classements 2011 et 2012, sans doute sous l’effet de la pression médiatique des rapports de l’APF, et c’est tant mieux…
Le classement d’Orléans s’est ainsi un peu amélioré, en restant toutefois très moyen en 2011 (48e sur 96). Pour 2012, le classement baisse malencontreusement (50e), même si la note globale est très légèrement en hausse (11,9 contre 11,5 en 2011). Bilan : Orléans stagne, reste engluée dans le milieu de classement en peinant à mettre en place des réalisations concrètes et efficaces, pendant que d’autres villes parviennent à progresser.
La note concernant le « cadre de vie adapté » demeure amèrement moyenne (12/21) et surtout, ce qui est vraiment inquiétant, l’évaluation de ce qui concerne l’accessibilité aux équipements municipaux et aux transports est en baisse et terriblement mauvaise : 7 sur 20 !
Il reste donc malheureusement beaucoup à faire pour améliorer cette situation de discrimination et parvenir à satisfaire aux objectifs de la loi d’accessibilité de 2005. Objectifs qui ne devraient pas apparaître comme une contrainte puisqu’ils concernent en réalité, comme le rappelle régulièrement et à juste titre l’APF, toute la population (personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, confort procuré aux personnes valides). C’est un objectif affiché également avec pertinence dans tous les plans de développement durable, y compris dans l’agenda 21 orléanais, même si cela ne semble pas en l’occurrence suffire à faire évoluer favorablement la situation…
Orléans doit réagir vite. Et il suffit d’observer comment une ville de taille comparable, Caen, a pu être exemplaire à ce sujet, pour comprendre que c’est en réalité à notre portée. Caen a fait preuve d’un volontarisme remarquable (21/21 chaque année) et de progrès importants sur l’adaptation des équipements municipaux (partant d’environ 10/20, la ville est parvenue à décrocher cette année la note de 16,8/20 !). L’évaluation globale est ainsi passée pour Caen de 12,2 à 16,7, et son classement de 25e à 7e pour arriver à la place de 3e des 96 principales villes de France en 2012 !
On rêve d’une trajectoire identique à Orléans. Il faut changer de braquet sans tergiverser. La ville s’honore d’avoir des capacités d’investissement importantes. Ne reste plus qu’à les employer à bon escient, pour faire progresser la qualité de vie au bénéfice de tous. L’attractivité de la ville passe en réalité d’abord par là.

Dans les chiffres publiés en 2013, l’évolution d’Orléans montre que cet espoir d’une politique beaucoup plus volontariste n’a malheureusement pas été exaucé… Et je pourrais presque faire un copier-coller du commentaire de l’année dernière : une légère hausse de la note globale (12,3 au lieu de 11,9), mais un classement qui s’enfonce : Orléans est désormais 67e ! Une chute record de 17 places (sur une liste de 96 communes) qui montre à quel point cette année encore Orléans est en décalage avec les progrès sensibles de nombreuses villes. Pendant que les autres agissent, Orléans stagne toujours…
Il reste encore à peine vingt villes qui se montrent moins responsables et volontaristes qu’Orléans. Combien en 2014 si la majorité continue à se bercer de beaux discours sur l’éthique et le développement durable ?

Ecole Chardon : du temps et de l’argent perdus !

janvier 23, 2013 dans Communiqués, Orléans, Urbanisme

Je suis intervenu en conseil municipal de décembre pour dénoncer ce qui apparait pour moi comme un gaspillage d’argent public. Voici la réaction de madame Sauvegrain et les commentaires que cela appelle de ma part.

Dans un PPP, il est faux de dire que le projet architectural n’est visible qu’au moment de l’offre finale.
Il y a 3 phases : PPS (projet de partenariat sommaire), PPD (projet de partenariat détaillé) puis offre finale.
Au PPS, le niveau de définition du projet architectural fixe les perspectives, les façades et les plans. Le projet est obligatoire car il est nécessaire aussi au chiffrage de l’entreprise, et à l’offre financière. Il y a un oral où les architectes sont auditionnés. Ils présentent leurs projets, la commission fait des remarques d’abord à l’oral puis par écrit pour déclencher la phase PPD (si le candidat est autorisé à poursuivre). Si les projets ne donnaient pas satisfaction, ils auraient pu être arrêtés là ce qui aurait permis de réduire les délais et les indemnités des candidats… Mais surtout la majorité aurait pu en faire part, dire pourquoi… et demander un autre projet pour la phase PPD.

Au PPD, la procédure est la même mais avec des projets de niveau permis de construire.
Vient enfin l’offre finale, qui n’est qu’une offre financière affinée et qui s’ajuste sur les dernières remarques de la phase PPD.
Les projets n’ont donc pu être découverts avec l’offre finale comme l’affirme madame Sauvegrain dans la vidéo.

De plus, une maitrise d’ouvrage classique ne prendrait pas deux ans de plus, on l’a d’ailleurs vu avec le collège Montesquieu inauguré il y a peu à La Source. Du programme qui a défini les besoins à la livraison au Conseil Général, il n’aura fallu que deux ans !
Et je suis bien persuadé que les services de la ville sont aussi performants que ceux du Conseil Général.
Le dialogue compétitif en PPP dure le même temps et n’apporte donc aucun avantage de ce point de vue.

En conclusion :
le PPP ne va pas plus vite !
Le projet architectural est connu dès la première étape et mûri au fur et à mesure du dialogue.
En tout cas il s’agit bien dans cette affaire de gaspillage d’argent public, puisque si le projet ne convenait pas, cela n’a pas pu être une surprise !

Mme Sauvegrain cherche à minimiser ce gaspillage en évoquant un coût global de 30 millions, tout à fait exorbitant pour un gymnase et une école, même s’il s’agit d’un très gros groupe scolaire… Je ne saurais dire exactement quels autres aménagements dans ce secteur de la résidence Dauphine sont inclus dans ce chiffrage curieux et confus…
Elle laisse également entendre que cette décision à été prise avec l’assentiment des parents d’élèves et des enseignants, alors que ceux-ci n’ont jamais été en position de juger les projets candidats. Ils n’ont eu droit qu’à une réunion, une fois que la décision était prise, destinée uniquement à les informer en justifiant le report par une présentation sommaire et orientée sur tous les défauts attribués à ces projets.

Le plus grave pour moi est que les élèves et leurs professeurs devront attendre pour bénéficier des locaux décents qu’ils attendent depuis plus de dix ans maintenant.
Et pendant ce temps, la destruction du gymnase actuel débute bel et bien. Les écoles et les clubs du quartier n’auront plus cette précieuse solution durant au moins un an de plus que prévu. Un autre effet de cette déplorable gestion du dossier…

Une Aréna pour VIP ?

janvier 18, 2013 dans Arena, Communiqués, Orléans

Deux actualités ces jours-ci concernant l’Aréna.
D’un côté l’offensive médiatique du maire d’Orléans pour faire valoir la qualité architecturale du projet qu’il a choisi, et mettre en avant dans un prestigieux cabinet d’architecte parisien toute la magnificence, toute la splendeur et toute l’ambition de la construction.
De l’autre, la communication du rapport de la Cour des comptes « Sport pour tous et sport de haut niveau : pour une réorientation de l’action de l’État » qui met en cause le fonctionnement passé du CNDS, dévoyé de sa mission originelle : « Certains des financements du centre national pour le développement du sport ne répondent pas à l’objectif de développement du sport pour tous, mais découlent de la possibilité de disposer, par commodité, des ressources affectées de l’établissement. Ce type d’intervention doit prendre fin. (…) le centre national pour le développement du sport ne devrait plus financer des stades appelés à bénéficier essentiellement à des clubs professionnels. (…) La question du soutien de l’État à la construction dans des villes moyennes d’enceintes telles que les Arénas se pose en termes sensiblement différents, car il s’agit d’équipements polyvalents. Il reste qu’un soutien éventuel au financement de ces équipements devrait transiter par les crédits du programme “Sport”, plutôt que par ceux du centre national pour le développement du sport. »
Deux conceptions diamétralement opposées qui illustrent bien les problèmes que pose cet ostentatoire projet d’Aréna. Et là où Serge Grouard se méprend, c’est que la qualité architecturale n’est pas (encore) en jeu, d’autant que l’on ne saurait en juger pour le moment puisque les seuls éléments qu’il a laissé filtrer sont à visées marketing, images numériques et clinquantes.
Les dites images laissent pour autant entrevoir de ce côté un projet VIP, où les loges destinées aux partenaires et invités semblent magnifiques, et où la vue panoramique depuis le très chic restaurant sera certainement imprenable. Imprenable au sens propre du terme pour 95 % des spectateurs attendus dans cette Aréna, et 99 % des Orléanais qui auront contribué à financer le coûteux projet : ils n’auront guère l’occasion d’y accéder…
De l’autre côté, la constatation ici aussi que la capacité de financement de la ville d’Orléans, son endettement considérable sous forme de loyers extrêmement conséquents pendant 25 ans, iront non pas au développement du sport pour tous ou de la culture pour tous, mais à un projet axé sur l’événementiel-spectacle.

Dans ce débat, le maire s’arcboute sur sa conception de la grande œuvre architecturale qui est supposée donner du clinquant à son mandat et faire « rayonner » Orléans sur la scène internationale… Après un premier mandat très prudent, où il a centré son effort sur l’amélioration de l’image de l’hyper-centre-ville, le second n’a pas manqué d’être plus ambitieux et porté vers des projets destinés à laisser une trace plus ostentatoire et fastueuse. C’est le classique syndrome du second mandat… Par une gestion des dossiers fermée, confinée au cercle restreint du cabinet du maire et des principaux adjoints, où l’information se substitue à la concertation, considérée comme un risque de déstabilisation, de délais et de remise en cause insupportable, beaucoup des projets de la mairie ont été grandement retardés, voire abandonnés. Celui-là semble devoir, comme une fatalité, être mené jusqu’au bout par un maire toujours isolé et secret, envers et contre tout, quel qu’en soit le coût, car il lui apparaîtrait sans doute comme une reculade personnelle.

Un maire qui s’est enfermé tout seul dans une fuite en avant où l’orgueil et la fierté ont pris le pas sur le recul nécessaire à l’examen de tout dossier, où tendent à se confondre rayonnement personnel et rayonnement de la ville…
Que Serge Grouard mette son amour propre dans sa poche avec son mouchoir par dessus, et n’engage pas Orléans dans une voie qui profitera aux VIP mais bloquera pour l’avenir tous les projets destinés à valoriser sport, culture et services dans la proximité de nos quartiers.

Ils n’y croient pas une seconde…

novembre 21, 2012 dans Communiqués, Développement durable, Énergie, Orléans

Quelques commentaires et remarques à l’occasion de la présentation du Plan Climat Énergie Territorial de la ville lors du dernier conseil municipal du 26 octobre 2012.
Par mon intervention, je défends un vote positif de principe pour cette démarche de Plan Climat Énergie qui est désormais une obligation légale importante et bien évidemment indispensable. Ce qui n’empêche pas de regretter des omissions, des faiblesses, et surtout, au fond même de mes remarques, une absence de cohérence globale des mesures menées.

Sur deux points précis liés à l’économie d’énergie, Olivier Carré et Muriel Sauvegrain répondront à mes remarques. Le premier maire adjoint se livre à sa défense habituelle concernant le GPV pour signaler qu’il aurait fait le maximum de ce qui était alors possible financièrement… Je maintiens pour ma part qu’avec plus de conviction et de volonté politique, l’anticipation des normes désormais applicables (seulement quelques années après la rénovation à La Source), l’objectif de la basse consommation était parfaitement envisageable et bien entendu bien préférable pour les locataires qui y auraient gagné pour de nombreuses années des factures énergétiques beaucoup plus douces…

Vous écouterez la réponse complète sur le site de la ville, mais j’isole ici la conclusion de son intervention, qui me paraît extrêmement symptomatique de la façon d’envisager ces problèmes par la ville d’Orléans, et qui explique la frilosité des politiques locales : « diviser par 4, ça je n’y crois pas une seconde! ». Il y a là plus qu’un doute, il y a un très fort scepticisme qui caractérise la façon dont les mesures de développement durable sont envisagées par la droite libérale.
Difficile de faire avancer les choses lorsque l’on n’y croit pas…

Même incompréhension de ces problématiques par Muriel Sauvegrain : « 20% d’économies d’énergie, juste parce que l’on sensibilise, je n’y crois pas du tout ! »
Et pourtant… Bien sûr les personnels ont bien souvent déjà pris en compte la nécessité de faire attention aux économies d’énergie. Bien sûr, il faudra obtenir des résultats en gagnant beaucoup plus grâce à la rénovation, grâce à une meilleure isolation des bâtiments anciens et une meilleure conception des bâtiments futurs. Mais l’exemple prouve qu’avec une sensibilisation bien menée et un accompagnement vers la modification des habitudes de travail, on parvient bel et bien à des gains de l’ordre de 20%.

En conclusion, Serge Grouard cherchera principalement à me prendre pour cible en regrettant que je sois aussi critique, dans les médias, vis-a-vis des supposés efforts de cette majorité pour la prise en compte du développement durable.
Je ne peux reprendre ici cette longue digression, cela ferait un extrait vidéo trop volumineux pour un hébergement sur le web… En substance, le maire y déplore que j’accuse la politique de la municipalité de « greenwashing » et me reproche de voter la délibération malgré ces désapprobations.

Serge Grouard se trompe d’incohérence : elle ne vient pas de ma part, qui soutiens en effet l’élaboration du plan climat (une obligation au demeurant désormais légale), tout en restant extrêmement critique sur les inconsistances et le caractère décousu des mesures présentées, qui montrent en réalité le manque de conviction sur les politiques menées (quoi qu’il en soit de l’auto-satisfecit qui est malheureusement toujours de rigueur dans ce genre de présentation…).
On ne peut pas, comme le fait constamment Serge Grouard, affirmer par de beaux discours que l’enjeu est gravissime, tout en se satisfaisant de mesures dont la portée est extrêmement limitée.
Si la crise écologique touche à l’essentiel, « à la vie sur terre », « dans des proportions que personne ne peut déterminer aujourd’hui, mais qui peuvent être particulièrement graves », comme le reconnaît le maire, on ne peut alors que prendre en considération les remarques sur les incohérences des politiques menées pour tenter de limiter l’impact désastreux prévu par les scientifiques. Que monsieur Grouard commence par tenter de convaincre ses propres adjoints et ne se contente pas de s’auto-congratuler, pour aller beaucoup plus loin encore face à cet enjeu fondamental.
Le maire aura l’obligeance de me laisser quelques secondes pour répondre :

Soutien à l’insertion : loin des paroles, un abandon local

octobre 3, 2012 dans Cohésion sociale, Communiqués, Orléans

En 2010, le député UMP Olivier Carré pose une bien impertinente question au secrétaire d’État chargé de l’emploi, l’UMP Laurent Wauquiez. Il s’inquiète de la situation des entreprises d’insertion, qui « contribuent depuis 25 ans avec succès à la réinsertion durable dans l’emploi de chômeurs en grande difficulté et de personnes parmi les plus fragiles, grâce à l’accompagnement social et professionnel qu’elles apportent aux salariés qu’elles recrutent ». L’objet de cette interpellation : revaloriser « L’aide au poste » qui permet de compenser le surcoût lié à l’accueil de personnes en grande difficulté.
Olivier Carré enfonce le clou : « Les entreprises d’insertion rendent un service qui offre le meilleur rapport qualité/coût parmi les instruments des politiques de l’emploi et à peine plus élevé qu’un contrat aidé en secteur marchand qui ne sont pourtant assortis d’aucune obligation de conventionnement, d’accompagnement ou de résultat. Bien que le placement des salariés ne soit pas leur mission première, les entreprises d’insertion amènent vers l’emploi près d’un sur deux de leurs salariés en insertion. Enfin, les coûts évités pour la collectivité par un poste en insertion couvrent plus que son montant : économie de RSA, économie de CMU, économie de suivi par Pôle emploi et sous traitants, économies d’aides sociales diverses… »
On ne saurait mieux dire. Et pourtant…

Dans le programme du récent candidat au renouvellement de son mandat de député, il n’y avait rien de particulier sur le sujet. Plutôt une exhortation à avoir en France des entreprises « plus compétitives et innovantes ».

Dans le programme du premier adjoint au maire d’Orléans, rien de particulier non plus. Les documents de campagne en 2008 indiquaient vaillamment vouloir « Rebondir grâce à l’insertion par l’emploi, avec notamment l’engagement que « les régies de quartier, continueront de bénéficier de notre soutien ainsi que de celui de l’OPAC d’Orléans ». Il y a bien aussi quelques belles considérations sur l’insertion inscrites à l’agenda 21 de la ville (« favoriser l’insertion par les activités durables et l’aide au Tiers-secteur, notamment en faisant appel à des entreprises d’insertion comme prestataires de la mairie »), mais cela n’est manifestement pas dans les prérogatives de l’adjoint à l’urbanisme.

Dans le programme du président de l’office HLM de la ville, les résidences de l’Orléanais, toujours rien de très apparent.

En 2010, la ville avait initié la création d’Orléans Insertion Emploi (OIE) pour mieux reprendre le contrôle des régies de quartier « Repères » et « Argonne Service Plus ». Aujourd’hui, OIE perd ses marchés d’entretien des immeubles de l’office HLM, au profit d’une entreprise privée de la région parisienne sans doute plus compétitive. Pourtant, s’il on en croit les anciens salariés d’OIE, lorsqu’il s’agit de leur re-proposer un emploi, ce qui est obligatoire dans ce type de contrats, il semble que cette entreprise ne soit pas très innovante en matière de gestion du personnel… Temps partiels, CDD… les conditions ne sont plus les mêmes pour les salariés.

À suivre de près, on a plutôt une impression très marquée d’un décalage énorme entre les beaux discours sur les bancs de l’assemblée ou sur le papier glacé de la communication municipale, et une action locale qui abandonne l’insertion, au moment même où la situation économique exige au contraire un soutien plus concret que jamais.

Vous avez dit concertation monsieur le maire ?

septembre 26, 2012 dans Communiqués, Démocratie, Orléans, Urbanisme

En conseil municipal, Serge Grouard s’auto-persuade d’être un grand adepte de la concertation : prenons-en pour preuve que sur les projets concernant la rue des Carmes et l’Arena, il a su écouter et modifier les plans initiaux… Ainsi furent admises, a posteriori, l’évidence de la piétonnisation de la rue des Carmes et l’inadéquate utilisation d’un espace vierge et enclavé en bord de Loire.
Cela aura été une réaction aux diverses manifestations de mécontentement. Peut-on pour autant parler de concertation ?
La majorité municipale avait bel et bien ficelé ses projets avant de les présenter en réunions d’information, et ce sont les réactions qui ont contraint à ces adaptations, au demeurant fort limitées au regard de toutes les objections.
Serge Grouard a revu sa copie sur ces points, tout en évacuant sans discussion de nombreuses autres préoccupations. Plus que de l’écoute, ce ne fut en réalité que la volonté de contourner certains des blocages, donner quelques gages sans pour autant accepter de consulter les citoyens sur le fond des projets.

Les Orléanais ont-ils jamais été consultés sur le bien-fondé de l’élargissement de la rue des Carmes ou sur l’urgence à bâtir une salle de 10 000 places de type Arena ?
Il y a bien eu une enquête publique pour ce qui concerne la ZAC des Carmes (procédure à laquelle, soit dit en passant, la mairie ne pouvait se déroger), mais on a vu comment elle a pu être si facilement remise en cause et annulée dès lors que ses conclusions ne se conformaient pas totalement au projet envisagé.
A-t-on jamais demandé l’avis des Orléanais sur l’opportunité de consacrer un budget de plus de 100 millions d’euros pour un équipement sportif, et, si toutefois cela était jugé judicieux, sur l’emplacement le plus approprié pour cela ?
A-t-on jamais pris la peine de se demander si les citoyens avaient quelques idées sur ce qu’ils souhaiteraient voir figurer au cahier des charges de ce projet ?

Qui dit « concertation » suppose que celle-ci intervient en amont du projet, pour en évaluer les contours et les impacts, la pertinence, et en corriger ainsi éventuellement les axes principaux. Il n’y a jamais eu sur ces projets la moindre co-construction, la moindre écoute réelle des attentes des Orléanais. Le maire a eu ses « visions », il a une certitude personnelle sur le futur de ces quartiers, sans jamais avoir vérifié que celle-ci était partagée par une majorité des Orléanais (à part peut-être auprès des membres de sa majorité municipale, mais ceux-ci manquent singulièrement d’esprit critique…).
Nous allons recevoir ce jeudi soir la « révélation » du projet lauréat de l’Arena. Qui aura choisi, sur quels critères exactement ? Quels ont été les projets écartés ? Nous aurons alors l’occasion de connaître enfin quelques détails sur le cahier des charges soumis aux grands groupes postulant pour ce lucratif marché de partenariat public-privé, qui leur assurera une rente confortable pour de nombreuses années. Mais ce sera beaucoup trop tard pour espérer y ajouter ou y retirer quoi que ce soit…

Non, vraiment, la concertation est une notion que Serge Grouard n’a absolument pas comprise. Ou du moins qu’il feint de ne pas comprendre… À moins qu’il n’y soit quelque peu hermétique, jugeant comme souvent avec beaucoup de condescendance que son point de vue est bien plus avisé que celui du commun des mortels…

Faute disqualifiante à l’encontre de Serge Grouard

juillet 25, 2012 dans Communiqués, Orléans, Urbanisme

Serge Grouard a cru spirituel hier, lors de la séance publique de questions au gouvernement, d’attribuer à Valérie Fourneyron, ministre des Sports, un « carton rouge », lui promettant très élégamment un retour aux vestiaires ! délicat…

Par le choix, de cette métaphore sportive, on comprend que la confusion est totale dans l’esprit du député-maire d’Orléans : il s’érige en arbitre alors qu’il n’est que l’un des joueurs, soupçonné au demeurant d’avoir cherché à bousculer  les instances et les règles d’attribution de subvention pour parvenir à ses fins.

Puisque Serge Grouard est un fan de basket plus que de football, on constatera qu’il vient plutôt de se voir infliger une indiscutable et méritée faute technique pour violation des règles du jeu…

Peu avare d’approximations pour tenter de donner de la force à son exaspération, Serge Grouard affirme que la ministre des Sports aurait décidé d’annuler le projet d’arena d’Orléans en supprimant la subvention que l’État aurait accordée pour ce projet. En réalité, la décision n’a pas été prise par la ministre, mais par les membres du conseil d’administration du CNDS (Conseil National de Développement du Sport), à l’unanimité des 20 membres présents, moins une seule et petite abstention. Et cette décision ne vise pas la suppression de la subvention, mais l’annulation d’une attribution accordée dans les conditions d’une curieuse procédure d’urgence, à la veille des élections présidentielles et sous la houlette d’un ministre souhaitant manifestement rendre service à un ami député peu confiant dans la solidité de son dossier en cas de changement de majorité…

Après avoir tenté d’emporter la décision par ses appuis politiques, Serge Grouard cherche aujourd’hui à endosser le rôle de la victime d’une machination politique ! Pour aller vite, pour éviter tous les questionnements, Serge Grouard a refusé, depuis le début de ce dossier arena, de jouer vraiment le jeu de la concertation et de la construction, avec tous les acteurs concernés. Résultat : il porte entièrement la responsabilité des tergiversations d’un projet qui n’a toujours pas trouvé sa bonne dimension et son lieu d’implantation, et qui dérivait au contraire vers un coût insoutenable et indécent en cette période de crise économique qui dévoile des urgences et des priorités autrement plus importantes.

Serge Grouard n’est pas celui qui peut se permettre de brandir un carton rouge. Il n’est pas l’arbitre. Il est le mauvais coach d’une équipe qui a voulu emporter la décision en précipitant un projet mal ficelé, un entraîneur déficient, obnubilé par une victoire rapide quel qu’en soit le prix, quelle qu’en soit la manière… Nul besoin de chercher une quelconque responsabilité ailleurs, de se défausser de ses propres manœuvres, en s’enfonçant toujours plus dans une posture ridicule.

Cerise sur le gâteau : Serge Grouard est auto-convaincu de son « sens de la mesure et de son ouverture d’esprit »… Lorsqu’un politique prend soin d’entamer son propos par une telle affirmation péremptoire, contredite localement en « quelques » occasions, il y a lieu de se méfier quant aux excès qui ne manqueront pas de suivre…

Handicap et accessibilité : Orléans stagne !

février 13, 2012 dans Cohésion sociale, Communiqués, Orléans, Urbanisme


L’APF, association des paralysés de France, vient de publier son « baromètre de l’accessibilité », classement des 96 principales villes françaises. Comme chaque année à la même époque depuis 3 ans, il s’agit d’évaluer la performance de chaque ville quant à l’objectif d’une accessibilité totale au 1er janvier 2015 des transports et de tous les établissements recevant du public.

Nous fêtions samedi dernier, 11 février, le 7e anniversaire de la promulgation de cette loi, dont l’échéance approche irrémédiablement…
Dans le classement 2010, Orléans était fort mal positionnée, avec une note bien en dessous de la moyenne (8,9), tout particulièrement dans la catégorie « politique locale volontariste » (6 sur 21 !). L’ambition locale partait de très très loin ! Il y a eu, sous cet aspect, un progrès dans les classements 2011 et 2012, sans doute sous l’effet de la pression médiatique des rapports de l’APF, et c’est tant mieux…
Le classement d’Orléans s’est ainsi un peu amélioré, en restant toutefois très moyen en 2011 (48e sur 96). Pour 2012, le classement baisse malencontreusement (50e), même si la note globale est très légèrement en hausse (11,9 contre 11,5 en 2011). Bilan : Orléans stagne, reste englué dans le milieu de classement en peinant à mettre en place des réalisations concrètes et efficaces, pendant que d’autres villes parviennent à progresser.
La note concernant le « cadre de vie adapté » demeure amèrement moyenne (12/21) et surtout, ce qui est vraiment inquiétant, l’évaluation de ce qui concerne l’accessibilité aux équipements municipaux et aux transports est en baisse et terriblement mauvaise : 7 sur 20 !
Il reste donc malheureusement beaucoup à faire pour améliorer cette situation de discrimination et parvenir à satisfaire aux objectifs de la loi d’accessibilité de 2005. Objectifs qui ne devraient pas apparaître comme une contrainte puisqu’ils concernent en réalité, comme le rappelle régulièrement et à juste titre l’APF, toute la population (personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, confort procuré aux personnes valides). C’est un objectif affiché également avec pertinence dans tous les plans de développement durable, y compris dans l’agenda 21 orléanais, même si cela ne semble pas en l’occurrence suffire à faire évoluer favorablement la situation…

Orléans doit réagir vite. Et il suffit d’observer comment une ville de taille comparable, Caen, a pu être exemplaire à ce sujet, pour comprendre que c’est en réalité à notre portée. Caen a fait preuve d’un volontarisme remarquable (21/21 chaque année) et de progrès importants sur l’adaptation des équipements municipaux (partant d’environ 10/20, la ville est parvenue à décrocher cette année la note de 16,8/20 !). L’évaluation globale est ainsi passée pour Caen de 12,2 à 16,7, et son classement de 25e à 7e pour arriver à la place de 3e des 96 principales villes de France en 2012 !

On rêve d’une trajectoire identique à Orléans. Il faut changer de braquet sans tergiverser. La ville s’honore d’avoir des capacités d’investissement importantes. Ne reste plus qu’à les employer à bon escient, pour faire progresser la qualité de vie au bénéfice de tous. L’attractivité de la ville passe en réalité d’abord par là.

Avons-nous réellement besoin d’une Arena ?

février 3, 2012 dans Communiqués, Orléans, Urbanisme

C’est la question que l’on peut, et que l’on doit se poser lorsque l’on entend l’invité de la matinale de France Bleu, Alain Béral, le président de la Ligue Nationale de Basket, qui a décrit sa vision de la Pro A dans les années à venir. Partisan d’un système de sport spectacle qui s’approcherait de l’organisation de la NBA américaine, il affiche une ambition pour les équipes françaises qui doit faire débat. Est-ce pour contrecarrer la NBA qui désire lancer sa ligue européenne ? En tout cas les propos du président sont clairs. Une Pro A à 18 ou 20 clubs; des matchs « régionaux » qui serviraient à mieux remplir les salles; des playoffs à 3 matchs gagnés… l’objectif est d’allonger la saison et de rentabiliser les grandes salles dont les projets semblent patiner. Il est vrai que vouloir investir plus de 100 millions d’euros dans une Arena dans cette période où nos concitoyens ont plutôt besoin d’aide de la part de leurs élus peut paraître démesuré. D’autant que le président de la ligue le reconnaît lui-même, la bonne dimension pour les villes de provinces est de 6000 à 8000 places. Il serait temps de redimensionner le projet orléanais et de le repositionner géographiquement vers un lieu plus approprié entre la N20 et la gare de Fleury, proche de la sortie d’autoroute Orléans nord par exemple… Je demande au maire de lancer une véritable concertation sur ce sujet afin que ce choix budgétaire majeur pour notre ville soit réellement débattu.