Malheureusement il y a Findus !
février 12, 2013 dans Agriculture, Communiqués, Europe, France, Orléans, Planète Terre, Santé
Les fabricants de plats surgelés font mine de découvrir avec stupeur qu’ils ont été trompés et que du cheval s’est glissé dans leur viande « pur boeuf ». Au point de porter plainte contre X, puisque retrouver celui qui a « transformé » de la viande de cheval en boeuf est difficilement identifiable. La seule question qu’il faudrait se poser est comment est-il possible de voir autant d’intermédiaires entre l’éleveur et l’atelier de préparation des plats prendre leur marge sans généralisation de ce genre de pratiques ?
Il a bien fallu à un moment ou à un autre que la viande prenne artificiellement de la valeur pour que chacun y trouve son compte.
Le législateur pensait qu’en imposant la traçabilité, il règlerait le problème et que le « marché » ferait le reste. Voici la preuve éclatante qu’il n’en est rien.
Que cette viande ait transité par autant d’intermédiaires ne pouvait avoir pour but que de rendre difficile pour les services de l’AFSSA (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), le contrôle et le suivi de ces bêtes. Ce circuit de la malbouffe ne peut être que délibérément tracé pour brouiller les pistes.
C’est donc bien le libéralisme qu’il faut dénoncer ici car au nom du libre échange et de la libre circulation des denrées dans le monde, certains s’adonnent à des pratiques malhonnêtes qui en définitive ne trompent que le consommateur. Comment expliquer qu’un kilo de viande passé par cinq intermédiaires qui, légitimement, ont chacun pris une marge avant de la revendre, soit acheté moins cher qu’en direct par un fabricant de plats préparés s’il n’y a pas tromperie sur la marchandise ? Les acheteurs sont bien naïfs ou complices d’un système qui devient fou.
Quant aux moyens donnés à l’AFSSA pour exercer sa mission, ils sont notoirement insuffisants et le scandale Findus n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si des décisions courageuses ne sont pas prises rapidement. Un contrôle systématique des aliments qui passent par plus de deux intermédiaires entre le producteur et le client final permettrait de déceler les pratiques douteuses.
Ma préférence va bien sûr à un circuit plus court directement du producteur au consommateur. Une étude précise de ce que coûte un plat préparé à la maison avec des ingrédients achetés en direct montre que chaque portion est moins chère, plus goûteuse, plus fraîche et sans aucun doute meilleure pour la santé. Et puis faire travailler un producteur qui habite à quelques dizaines de kilomètres de chez soi a quelque chose de valorisant, fait sens en terme de vie en communauté. Privilégier les circuits courts pour ces raisons ne revient pas, comme certains tentent de la caricaturer, au repli sur soi. Il s’agit d’actes citoyens responsables qui cherchent à rompre le cercle vicieux de l’industrie agroalimentaire et à limiter leur impact sur la planète.





