
Deux actualités ces jours-ci concernant l’Aréna.
D’un côté l’offensive médiatique du maire d’Orléans pour faire valoir la qualité architecturale du projet qu’il a choisi, et mettre en avant dans un prestigieux cabinet d’architecte parisien toute la magnificence, toute la splendeur et toute l’ambition de la construction.
De l’autre, la communication du rapport de la Cour des comptes « Sport pour tous et sport de haut niveau : pour une réorientation de l’action de l’État » qui met en cause le fonctionnement passé du CNDS, dévoyé de sa mission originelle : « Certains des financements du centre national pour le développement du sport ne répondent pas à l’objectif de développement du sport pour tous, mais découlent de la possibilité de disposer, par commodité, des ressources affectées de l’établissement. Ce type d’intervention doit prendre fin. (…) le centre national pour le développement du sport ne devrait plus financer des stades appelés à bénéficier essentiellement à des clubs professionnels. (…) La question du soutien de l’État à la construction dans des villes moyennes d’enceintes telles que les Arénas se pose en termes sensiblement différents, car il s’agit d’équipements polyvalents. Il reste qu’un soutien éventuel au financement de ces équipements devrait transiter par les crédits du programme “Sport”, plutôt que par ceux du centre national pour le développement du sport. »
Deux conceptions diamétralement opposées qui illustrent bien les problèmes que pose cet ostentatoire projet d’Aréna. Et là où Serge Grouard se méprend, c’est que la qualité architecturale n’est pas (encore) en jeu, d’autant que l’on ne saurait en juger pour le moment puisque les seuls éléments qu’il a laissé filtrer sont à visées marketing, images numériques et clinquantes.
Les dites images laissent pour autant entrevoir de ce côté un projet VIP, où les loges destinées aux partenaires et invités semblent magnifiques, et où la vue panoramique depuis le très chic restaurant sera certainement imprenable. Imprenable au sens propre du terme pour 95 % des spectateurs attendus dans cette Aréna, et 99 % des Orléanais qui auront contribué à financer le coûteux projet : ils n’auront guère l’occasion d’y accéder…
De l’autre côté, la constatation ici aussi que la capacité de financement de la ville d’Orléans, son endettement considérable sous forme de loyers extrêmement conséquents pendant 25 ans, iront non pas au développement du sport pour tous ou de la culture pour tous, mais à un projet axé sur l’événementiel-spectacle.

Dans ce débat, le maire s’arcboute sur sa conception de la grande œuvre architecturale qui est supposée donner du clinquant à son mandat et faire « rayonner » Orléans sur la scène internationale… Après un premier mandat très prudent, où il a centré son effort sur l’amélioration de l’image de l’hyper-centre-ville, le second n’a pas manqué d’être plus ambitieux et porté vers des projets destinés à laisser une trace plus ostentatoire et fastueuse. C’est le classique syndrome du second mandat… Par une gestion des dossiers fermée, confinée au cercle restreint du cabinet du maire et des principaux adjoints, où l’information se substitue à la concertation, considérée comme un risque de déstabilisation, de délais et de remise en cause insupportable, beaucoup des projets de la mairie ont été grandement retardés, voire abandonnés. Celui-là semble devoir, comme une fatalité, être mené jusqu’au bout par un maire toujours isolé et secret, envers et contre tout, quel qu’en soit le coût, car il lui apparaîtrait sans doute comme une reculade personnelle.
Un maire qui s’est enfermé tout seul dans une fuite en avant où l’orgueil et la fierté ont pris le pas sur le recul nécessaire à l’examen de tout dossier, où tendent à se confondre rayonnement personnel et rayonnement de la ville…
Que Serge Grouard mette son amour propre dans sa poche avec son mouchoir par dessus, et n’engage pas Orléans dans une voie qui profitera aux VIP mais bloquera pour l’avenir tous les projets destinés à valoriser sport, culture et services dans la proximité de nos quartiers.