Brève histoire des déplacements

mai 16, 2013 dans AgglO, Europe, Orléans, Urbanisme

Les nordiques ont une autre vision des transports urbains, et ils se mobilisent depuis longtemps pour faire de la ville un espace où l’équilibre entre les modes de déplacements est beaucoup plus cohérent, beaucoup plus favorable à la qualité de vie en ville. À rebours de l’évolution schématisée par ce dessin, d’abord publié sur le site danois copenhagenize.com :

copenhagenize

Ce dessin résume assez bien la situation. Depuis l’après-guerre et le développement phénoménal de la voiture individuelle, les politiques mises en œuvre ont consisté à favoriser un parcours aussi direct que possible pour l’automobile. Y compris au cœur même des villes… En conséquence, les cheminements piétons et cyclistes sont devenus heurtés, discontinus, malaisés, dangereux, et ont été progressivement abandonnés par ceux qui ne veulent pas prendre de risques…
Il est temps de remettre les choses à leur place, et de fluidifier les déplacements doux, tellement mieux adaptés à l’urbanisme des centre-villes.

Inauguration du marché du quai du roi

novembre 18, 2012 dans AgglO, Agriculture, Développement durable, Économie, Orléans, Urbanisme


Je représentais hier la Région Centre pour l’inauguration du nouveau marché du quai du roi. Voici le discours que j’ai prononcé:

« Travailler sur les marchés est un métier difficile toute l’année et en particulier à cette saison humide et froide. Merci aux commerçants qui courageusement nous approvisionnent en produits locaux, frais et de qualité.

C’est avec un grand plaisir que je représente aujourd’hui François Bonneau, président de la Région Centre pour l’inauguration de ce nouveau marché du quai du roi. La Région Centre a participée à hauteur de      1 500 000 euros au financement de ce projet de près de 6 000 000 dans le cadre du contrat région/agglomération.

Cette réalisation est le résultat d’un travail d’équipe. La concertation menée avec les représentants des commerçants a permis de tenir compte des contraintes du site. L’espace contraint; la Loire à vélo; les riverains; le stationnement, autant d’éléments qu’il fallait concilier. Il reste des questions mais je ne doute pas qu’une concertation continue en créant, pourquoi pas, un comité d’usagers regroupant commerçants, riverains et usagers y répondra efficacement.

Je veux ici saluer l’initiative conjointe du lycée Dolto d’Olivet et de l’AMAO qui fait découvrir aux CAP vente le commerce non sédentaire. Il est important que ces jeunes puissent appréhender tout ce qu’implique la vente sur les marchés. Merci donc à l’AMAO et au lycée Dolto pour cette belle idée.

Je tiens à souligner que la fraîcheur et l’excellent rapport qualité prix des produits proposés ici resteront toujours les principales raisons pour lesquelles des milliers d’orléanais mais également d’abraysiens et d’habitants de toute l’agglomération viennent ici chaque samedi matin. Et ce succès ne se dément pas l’hiver puisque nombreux sont ceux qui bravent la pluie et le froid. La mise en place de bâches côté ouest permettra prochainement aux commerçants et à leurs produits d’être bien à l’abri.

Vous savez l’importance que j’accorde aux circuits courts et à ce contact entre le producteur et le consommateur. C’est non seulement une garantie de fraîcheur mais également le plaisir de savoir qu’une personne qui vit à quelques kilomètres, qui fait partie de notre communauté, gagne sa vie en nous apportant un produit local, frais et de qualité. En somme, c’est une relation gagnant/gagnant puisque c’est bon pour notre santé ainsi que pour celle de l’environnement. Les milliers de kilomètres parcourus par certains produits et l’obligation de les cueillir avant maturité afin qu’ils supportent le voyage est une hérésie. Certes on aura du mal à faire pousser des bananes dans le Loiret mais reconnaissez que faire venir des pommes du Chili a quelque chose de singulier quand par ailleurs nous avons des producteurs dans plusieurs communes de l’agglomération !

Pour terminer sur les avantages des marchés, limiter les intermédiaires a également une vertu: le prix ! regardez le prix de la batavia en ce moment en grande surface et vous verrez qu’une salade deux fois plus petite coûte 30% plus cher que sur votre marché !

C’est donc avec beaucoup d’optimisme que je souhaite une longue vie à ce nouveau marché du quai du roi, beaucoup plus de clients encore, et toujours plus de produits frais, bons et sains.

Je vous remercie. »

De la friture sur la ligne

septembre 14, 2012 dans AgglO, Urbanisme

La ligne 5 de TAO pose problème. Certains usagers s’en plaignent sur Fleury mais du côté de St Pryvé ce n’est guère mieux. Il faut dorénavant 40 minutes pour aller de l’hippodrome au collège de l’Orbellière alors qu’un quart d’heure suffisait il y a encore quelques mois. Je vais contacter TAO pour leur faire part du mécontentement des usagers de St Marceau et de St Pryvé qui avaient l’habitude de prendre cette ligne tous les jours mais si vous avez des remarques sur d’autres dysfonctionnements suite à la refonte du réseau de bus de l’Agglo, vous pouvez m’envoyer un message sur ce blog afin que je porte vos demandes auprès du nouvel opérateur Kéolis.

Bimby, repenser la ville sans idées préconçues

février 18, 2012 dans AgglO, Orléans, Urbanisme

BimbyL’Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Orléanaise et le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Loiret proposent, jusqu’au 15 mars, une exposition-présentation de la démarche « Bimby ». Un nom insolite pour une approche originale et innovante de l’évolution de la ville, qui s’inscrit totalement dans les préoccupations du développement durable : répondre de manière intelligente à l’irresponsabilité de l’étalement urbain pour préserver l’agriculture, profiter pleinement des réseaux et infrastructures collectives (transports, services, offre associative et culturelle…) et éviter l’éloignement des familles qui génère beaucoup de déplacements coûteux et polluants.
La nécessité d’une meilleure maîtrise du foncier est reconnue par tous, et pourtant nous continuons de voir proliférer les projets de nouveaux lotissements dans les zones d’agriculture maraîchère des communes aux portes des grandes agglomérations. Les espaces naturels se rétrécissent chaque année un peu plus, à un rythme qui, en réalité, fait frémir (on parle de la perte d’une surface équivalente à celle d’un département tous les 8 ans !)… Mais faute de réelle volonté politique et compte tenu de la pression immobilière, on continue à construire de plus en plus loin du centre des agglomérations en grignotant les espaces agricoles.
Bimby, c’est « Build in my Backyard », une pirouette en référence au fameux « Nimby » (Not in my Backyard) qui affirme que l’on veut bien telle ou telle construction, mais pas dans son jardin… Ce scénario prend le contrepied et montre qu’en réalité, il est tout à fait possible de penser à renouveler la ville en construisant dans les interstices de l’espace existant, en évitant ainsi de recourir à des aménagements extensifs sous forme de lotissements.
Je ne détaillerais pas ici l’argumentation exposée, fort convaincante mais surtout validée par les résultats des expérimentations menées depuis 2009, vous pourrez vous en convaincre vous-même en visitant l’exposition. Mais l’idée est que par une démarche de concertation avec les habitants, l’intérêt collectif rejoint en de nombreux cas l’intérêt particulier, et une proportion non négligeable des propriétaires imagineront sans problèmes toutes les bonnes raisons de partager leur parcelle pour une nouvelle construction. Les réticences et les idées reçues tombent vite, et l’expérience démontre que cela permet de construire plus rapidement et moins cher que ne le font les aménageurs, en répondant aux besoins de nombreux habitants d’adapter un habitat qui ne correspond plus, au fil du temps, à leur façon de vivre.
La filière courte des entreprises locales de conception et de construction est tout à fait à même de répondre à cette demande. Les architectes imaginent sans difficulté les solutions adaptées au contexte des projets. Et beaucoup de pavillons bâtis dans les années 60-70 pour des familles ne sont plus adaptés lorsque les enfants sont partis ou lorsque l’on ne souhaite plus avoir d’escaliers à monter… Lorsque l’on préfère rester à proximité de tous les services du centre ville, on peut gagner à vendre sa maison devenue trop grande pour aménager un espace plus petit, de plain-pied et avec moins de jardin à entretenir… Sans compter que l’intérêt financier y est souvent très favorable.
Construire ainsi « la ville sur la ville » permet aussi de revitaliser des quartiers, cela ménage des espaces qui permettent à de jeunes couples de s’installer sans être contraints à s’éloigner le plus souvent bien au-delà de ce que proposent les réseaux de transport en commun.
Mais il y a un levier à cette démarche vertueuse : l’implication des responsables politiques de l’urbanisme local et une attention très fine à la rédaction du PLU (plan local d’urbanisme), qui ne doit pas mettre de frein à ce type de solutions. En ouvrant cette exposition, C.E. Lemaignen, qui préside le bureau de l’agence d’urbanisme de l’agglo, a manifesté son intérêt. Hugues Saury, maire d’Olivet, a lui aussi salué la démarche. Mais il faudra plus que quelques déclarations de circonstance, car beaucoup de communes de la première ceinture autour d’Orléans, et tout particulièrement au sud, à Olivet et dans les communes proches de la circonscription, se prêteraient particulièrement bien à la sensibilisation des habitants envers cette solution. On espère ainsi que les PLU auront été correctement rédigés, et que celui d’Orléans, en cours d’élaboration, sera pensé en fonction de cette approche novatrice.
Il suffit de constater, exemple parmi d’autres, le flou qui entoure actuellement le développement urbain sur le val ouest, entre Saint-Marceau et Saint-Pryvé, théâtre pour le moment d’extensions-lotissements peu concertés et peu mis en perspective des besoins futurs d’aménagements de déplacement et de services.
Il est grand temps de se servir des nouveaux outils de l’urbanisme pour réfléchir à tout ça avant de se lancer dans des programmes qui façonnent la ville pour de nombreuses décennies sans rien apprendre des réflexions liées au développement durable. L’urbanisme ne doit plus être concédé de fait au opérateurs immobiliers et aux lotisseurs, il faut que le politique reprenne en main la gestion de ces espaces qui feront la ville de demain : espaces de constructions durables, préservation de l’agriculture péri-urbaine, aménagement volontariste des trames vertes et bleues.
Cette expérience ne répond qu’assez marginalement aux problématiques de mixité sociale, qu’il ne faut pour autant pas perdre de vue. Les responsables politiques devront aussi accompagner ce développement par des constructions collectives durables imaginées dans les (de plus en plus) nombreuses réalisations d’éco-quartier (en réalité pas si nombreux que ça du côté d’Orléans !). C’est le sens actuel d’un nouvel urbanisme plus citoyen, qui repense le collectif tout en replaçant l’humain au cœur des projets. Faisons en sorte qu’Orléans et son agglo ne passent pas à côté !

BIMBY – Densification urbaine par la maison individuelle from Bimby on Vimeo.

Des marchés dynamiques à Orléans

janvier 14, 2012 dans AgglO, Développement durable, Orléans

Invité par le président de l’association des marchés d’Orléans, j’ai pu constater le dynamisme de nos marchés et l’intérêt renouvelé des orléanais pour ces lieux conviviaux. Catherine Carré, productrice bio à St Hilaire St Mesmin a fait un compte-rendu de l’année écoulée. Les orléanais privilégient toujours plus la production locale car ils tiennent à savoir d’où viennent les produits qu’ils achètent. La recherche de la fraîcheur et des prix sont également des motivations importantes pour des clients qui sont pour une grande part âgés de 30 à 60 ans. Un renouvellement de clientèle qui satisfait les producteurs et détaillants.

Un seul souci à prévoir pour les commerçants non sédentaires: seuls 10 d’entre eux ont trouvé un repreneur alors que 24 ont  plus de60 ans et aimeraient passer le main dans les prochaines années.

Charles-Eric Lemaigne nous a présenté le projet de nouveau marché du Quai du roi. Deux réunions de travail ont permis de concilier les demandes de l’association et la volonté de la mairie. J’ai posé quelques questions et demandé en particulier que la place aux vélos soit maintenue voire amplifiée. Les cyclistes sont de plus en plus nombreux à se rendre sur ce marché et il manquait des anneaux de sécurité dans le projet côté Pont de Vierzon. Un bus électrique desservira les quais du pont de l’Europe au Cabinet vert toutes les 20 minutes et apportera un nouveau service qui devrait être apprécié.

Un seul point me pose question: le marché optionnel pour la plantation d’un second rang d’arbres le long du Quai du roi au prétexte que le coût serait élevé (!), que les arbres occuperaient des places de parking et qu’ils seraient trop près des habitations. Un arbre tous les 14 mètres ne me semble pas insurmontable et cet espace très minéral mériterait une végétalisation bienvenue. Il me semblait que la ville voulait donner une place à l’arbre en ville, c’est en tout cas ce que dit la charte lancée en grandes pompes l’an dernier…

Cette Assemblée Générale était instructive et l’accueil très amical. Ces moments d’échange et de confrontation aux problèmes rencontrés par les commerçants et producteurs m’ont permis de mieux appréhender les difficultés liées à ce métier par ailleurs très contraignant car il faut être présent dès 6 heures par tous les temps.

Passez à la puissance2d !

décembre 3, 2011 dans AgglO, Développement durable, Médias, Région Centre

Je souhaite la bienvenue à ce nouveau média sur internet et le remercie d’avoir réalisé ce reportage. A consulter sans modération !

Débat sur le POCL : mauvais aiguillage

octobre 5, 2011 dans AgglO, France, Orléans, Politique - politique locale, Urbanisme


« Suite à un incident technique sur la voie »… le vrai débat n’aura pas lieu…

Premier présupposé : les TGV sont indispensables au développement local.
En réalité, rien n’est moins sûr, et il y aurait bien lieu, avant d’envisager de mettre autant d’argent dans ce seul panier, de savoir s’ils tiennent toutes leurs promesses…
Lorsque l’on fouille un peu dans les bilans LOTI (études de la Loi d’Orientation sur les Transports Intérieurs, évaluations socio-économiques a posteriori des projets de transports) des dernières réalisations de LGV, on s’aperçoit que tout cela n’a en réalité aucune évidence. Chaque cas est particulier, chaque ville desservie ne profitera pas obligatoirement de l’aubaine, au mieux dans des proportions au final assez modestes et modérées par des effets pervers non négligeables. Un invariant par contre de ces études : les bénéfices économiques mis en avant par les dossiers de la SNCF et de RFF (Réseaux Ferrés de France) sont immanquablement surestimés, tandis que les coûts engagés sont tout aussi infailliblement sous-estimés !
Les chercheurs de l’Urca (Université de Reims Champagne-Ardenne) et de l’Omi (organisations marchandes et institutions), chargés de recherches, dans le cadre d’un contrat avec l’État, sur les « enjeux et opportunités de la grande vitesse ferroviaire en termes de développement local et de développement durable », osent de leur côté indiquer que l’impact du TGV sur l’économie est « limité » et en aucun cas automatique ni général. Jusqu’à évoquer le « mythe » des « effets structurants »… En réalité : principalement des relocalisations d’entreprises internes aux agglomérations, des épiphénomènes en matière d’immobilier et de tourisme… Rien de très marquant, et surtout dépendant d’autres paramètres d’accompagnement mis en place par les collectivités.
Bref, une analyse un tant soit peu objective pousse à être infiniment plus prudent que ce que nous déclament aujourd’hui une grande majorité d’élus orléanais en rivalisant de superlatifs…

Second présupposé : il faut que la ligne passe par Orléans pour que nous ne soyons pas irrémédiablement hors jeu. Là encore, la logique paraît implacable, mais le raisonnement est à la fois faussé et insupportablement nombriliste. Déjà lors du Conseil municipal de juillet, Charles-Éric Lemaignen l’avait exprimé avec des termes qui ne laissent pas place au moindre état d’âme : « de plus en plus, il y aura une compétition entre les territoires, qu’on le veuille ou qu’on le regrette, c’est une réalité objective, et dans cette compétitivité des territoires, le rôle des élus, c’est de faire du marketing territorial, c’est de donner tous les atouts à nos territoires pour qu’ils puissent bien se comporter dans cette compétition ». Marketing territorial !… Cela à l’avantage d’être clair… Dans la bouche d’un président d’agglomération, c’est-à-dire d’une communauté de communes, cela fait frémir… On imagine les attaques compétitives que peuvent craindre les communes hors AgglO, en vertu de ce « chacun-pour-soi ». Mais CE Lemaignen est aussi élu municipal à Orléans. A-t-il ainsi la même conception de la compétition au sein des communes de l’AgglO, chacune sur son territoire ?
En réalité, ce que nous pouvons attendre au mieux du passage du TGV à Orléans consistera en la délocalisation de quelques usines de la région parisienne, attirées par des loyers moins onéreux. Un poil plus d’activité par ici, un poil moins à une centaine de kilomètres, la belle affaire… Et l’enterrement de toute idée de solidarité et de coopération territoriale, pourtant revendiquée partout comme une nécessité pour le développement harmonieux de tous, en jouant plutôt sur la complémentarité des territoires, la coopération économique et culturelle… Des valeurs qui semblent ne pas résister au libéralisme exacerbé.
Ce schéma qui nous est proposé pour clore le débat avant qu’il ait même commencé, c’est : chacun pour soi, que le meilleur gagne, malheur au perdant. On ne s’interroge pas de savoir si le projet est bon ou mauvais, on présuppose qu’il est avantageux et on espère en profiter plus que le voisin.

Pourquoi poser le débat sur ces bases ? Sans doute car il faut éviter les questions qui fâchent… 

Avec 12 à 14 milliards d’investissements, à qui fera-t-on croire que les autres projets ferroviaires ne seront pas impactés ? Le Fret et le réseau existant sont fortement dégradés, et les finances publiques à l’agonie. La priorité donnée aux LGV pénalise encore, s’il en était besoin, le trafic de proximité, l’entretien et le développement des lignes existantes, dont le mauvais fonctionnement exaspère pourtant les milliers d’utilisateurs orléanais. Les habitants de l’agglomération ont-ils besoin de quelques trains extrêmement rapides et chers vers Paris ou Lyon, ou bien de trains qui circuleraient plus souvent et seraient à l’heure ? Ou encore de la remise en service de lignes qui permettront de rejoindre l’agglomération en transports en commun ?
Autre problématique évacuée par cette volonté aveugle de privilégier à tout prix le passage par Orléans : l’impact écologique. Les analyses du dossier de maîtrise d’ouvrage montrent clairement que les conséquences environnementales sont sensiblement plus importantes dans les variantes qui font passer la ligne par Orléans. Les autres options sont loin d’être exemplaires, mais éloignent Orléans de 5 minutes pour un bilan écologique un peu plus favorable. Comment balayer cela d’un geste pour, contre toute logique normale d’un rapporteur du Grenelle de l’Environnement, et continuer à soutenir l’indispensable passage par la ville ? Le prestige, toujours le prestige… 
 
C’est toutes les responsabilités que devrait imposer un investissement chiffré en milliards d’euros qui sont évacuées. En bref : un projet aux retombées en réalité hypothétiques, un marketing territorial aux effets désastreux, un investissement majeur qui ne laissera aucune marge de manœuvre aux autres besoins ferroviaires, le lobbying des élus qui y voient une raison de se croire influents et de tirer gloire d’une décision « prestigieuse ».
En prime : la culpabilisation infantilisante vis-à-vis de ceux qui joueraient contre leur « camp », contre les intérêts de leur ville… Est-ce cela la politique ? Est-ce la défense de prés carrés et d’intérêts particuliers, quels qu’ils soient, plutôt que de l’intérêt commun ?

C’est avec ce type d’argument de marketing territorial que des régions voisines se mènent une guerre fratricide, au final destructrice, dévoreuse d’énergie et incapable de permettre de répondre sereinement aux enjeux qui sont posés. Certains ego politiques y trouveront leur compte, une gloriole déplacée, une vanité personnelle, le sentiment de se sentir important parce que l’on a su peser sur la décision, mais sans se préoccuper de savoir si le projet défendu est bel et bien le plus adapté, le plus pertinent.
Le contexte n’est pas au débat mais à l’acclamation, à l’exaltation complaisante et illusoire. Dommage.

26 millions pour plus d’embouteillages !

novembre 15, 2010 dans AgglO, Communiqués, Orléans, Urbanisme

Olivier Carré l’a confirmé ce matin sur France Bleu, les automobilistes passeront au moins 5 minutes de plus dans les embouteillages entre le pont Joffre et la gare d’Orléans. Ceux qui passent 20 minutes chaque matin et chaque soir pour faire quelques centaines de mètres seront heureux d’apprendre comment la municipalité gère leurs problèmes. Dépenser 26 millions d’euros pour aggraver la situation déjà chaotique en ville est irresponsable. Vouloir « recoudre » la ville selon l’expression du maire d’Orléans sans trouver le moyen de délester le trafic vers l’A71, c’est prendre le problème à l’envers. Les automobilistes vont tout tenter pour éviter l’écueil de la RN20 et vont se répartir dans les rues adjacentes et créer d’autres problèmes. Contraindre la circulation en centre ville n’a d’intérêt que si on trouve une solution pour ceux qui n’ont d’autre possibilité qu’utiliser leur voiture pour aller travailler. Il pourrait être bon de réfléchir aux moyens d’augmenter la fréquence des transports en commun voire de trouver de nouvelles dessertes. Quand on dépense 26 millions pour un chantier, on peut lancer une étude pour savoir comment réduire les flux sur cet axe, çà ne coûtera que quelques dizaines de milliers d’euros de plus !

Généralisation du tri sélectif

novembre 4, 2010 dans AgglO, Développement durable

Je suis intervenu en conseil municipal lors de la présentation de la généralisation du tri sélectif dans notre commune.

Reconquérir les terres nourricières

octobre 10, 2010 dans AgglO, Agriculture, Développement durable, Loiret, Planète Terre

ble-autres-champs-abbeville-france-1359521747-914345Jean-Paul Jaud était l’invité d’Europe Ecologie Orléanais vendredi dernier pour présenter son nouveau film Severn, la voix de nos enfants. Il a insisté sur le fait que nous devons entamer la reconquête des terres nourricières que nous dilapidons allègrement depuis des dizaines d’années. C’est en effet l’équivalent d’un département français qui disparaît tous les dix ans transformé en zone ubanisée. Alors même que la demande en produits frais et locaux aux abords des villes est de plus en plus forte; que les candidats à l’installation pour produire bio et la demande en bio explosent, on continue à créer des zones d’activités pour stocker des produits manufacturés qui viennent pour la plupart de l’autre bout du monde. Messieurs Lemaignen et Doligé stérilisent des centaines d’hectares de bonnes terres agricoles pour que les logisticiens locaux puissent continuer à créer une véritable ceinture de hangars autour de l’agglomération. Ils ne veulent pas comprendre que des agglomérations à une centaine de kilomètres de Paris il y en a bien d’autres et que ce modèle économique du tout logistique et tout camion est obsolète. Je ne demande pas la fermeture pure et simple des sociétés de logistique mais une juste mesure qui permettrait de réserver du foncier pour produire localement et sainement et ainsi préserver la nappe phréatique.