
L’APF, association des paralysés de France, vient de publier son « baromètre de l’accessibilité », classement des 96 principales villes françaises. Comme chaque année à la même époque depuis 3 ans, il s’agit d’évaluer la performance de chaque ville quant à l’objectif d’une accessibilité totale au 1er janvier 2015 des transports et de tous les établissements recevant du public.
Nous fêtions samedi dernier, 11 février, le 7e anniversaire de la promulgation de cette loi, dont l’échéance approche irrémédiablement…
Dans le classement 2010, Orléans était fort mal positionnée, avec une note bien en dessous de la moyenne (8,9), tout particulièrement dans la catégorie « politique locale volontariste » (6 sur 21 !). L’ambition locale partait de très très loin ! Il y a eu, sous cet aspect, un progrès dans les classements 2011 et 2012, sans doute sous l’effet de la pression médiatique des rapports de l’APF, et c’est tant mieux…
Le classement d’Orléans s’est ainsi un peu amélioré, en restant toutefois très moyen en 2011 (48e sur 96). Pour 2012, le classement baisse malencontreusement (50e), même si la note globale est très légèrement en hausse (11,9 contre 11,5 en 2011). Bilan : Orléans stagne, reste englué dans le milieu de classement en peinant à mettre en place des réalisations concrètes et efficaces, pendant que d’autres villes parviennent à progresser.
La note concernant le « cadre de vie adapté » demeure amèrement moyenne (12/21) et surtout, ce qui est vraiment inquiétant, l’évaluation de ce qui concerne l’accessibilité aux équipements municipaux et aux transports est en baisse et terriblement mauvaise : 7 sur 20 !
Il reste donc malheureusement beaucoup à faire pour améliorer cette situation de discrimination et parvenir à satisfaire aux objectifs de la loi d’accessibilité de 2005. Objectifs qui ne devraient pas apparaître comme une contrainte puisqu’ils concernent en réalité, comme le rappelle régulièrement et à juste titre l’APF, toute la population (personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, confort procuré aux personnes valides). C’est un objectif affiché également avec pertinence dans tous les plans de développement durable, y compris dans l’agenda 21 orléanais, même si cela ne semble pas en l’occurrence suffire à faire évoluer favorablement la situation…
Orléans doit réagir vite. Et il suffit d’observer comment une ville de taille comparable, Caen, a pu être exemplaire à ce sujet, pour comprendre que c’est en réalité à notre portée. Caen a fait preuve d’un volontarisme remarquable (21/21 chaque année) et de progrès importants sur l’adaptation des équipements municipaux (partant d’environ 10/20, la ville est parvenue à décrocher cette année la note de 16,8/20 !). L’évaluation globale est ainsi passée pour Caen de 12,2 à 16,7, et son classement de 25e à 7e pour arriver à la place de 3e des 96 principales villes de France en 2012 !
On rêve d’une trajectoire identique à Orléans. Il faut changer de braquet sans tergiverser. La ville s’honore d’avoir des capacités d’investissement importantes. Ne reste plus qu’à les employer à bon escient, pour faire progresser la qualité de vie au bénéfice de tous. L’attractivité de la ville passe en réalité d’abord par là.


