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Orléans, absente des vrais enjeux écologiques

En dévoilant il y a quelques jours le « palmarès national EcoQuartier 2011″, le ministère du développement durable s’est félicité du succès remporté par son appel à projet : pas moins de 394 collectivités ont apparemment déposé un dossier pour concourir. Soit environ 2 fois plus que pour la précédente édition, en 2009.
Ces chiffres laissent donc penser qu’en effet les projets innovants d’écoquartier sont plébiscités par les collectivités pour répondre de façon intelligente et concertée aux enjeux du développement durable dans sa dimension de l’aménagement urbain, des déplacements et du logement. Comme le souligne encore le ministère, les écoquartiers sont un engagement fort du Grenelle, l’un des leviers essentiels « de la mutation de la société française vers un nouveau modèle de développement : il vise à favoriser l’émergence d’une nouvelle façon de concevoir, construire, faire évoluer et gérer la ville. C’est en effet en ville que se concentrent les urgences en matière de développement durable, que ce soit dans le domaine environnemental, socioculturel ou économique. Les enjeux sont multiples, de l’étalement urbain à la qualité de l’air, du traitement des eaux usées à la congestion du trafic routier, de l’amélioration du cadre de vie au respect des générations à venir. » On ne saurai mieux dire…
Certaines collectivités ont compris cet enjeu, et se sont lancées il y a déjà quelques années dans des programmes ambitieux, qui permettent de projeter dans le bon sens la ville de demain.
La ZAC de Bonne, à Bordeaux, avait remporté le grand prix national en 2009. Cette année, il y a 2 vainqueurs : la Communauté Urbaine du Grand Nancy, pour l’aménagement du Plateau de Haye, et Lille Métropole, pour le site de l’Union.

Et malheureusement, pas de distinction pour la ville d’Orléans, pourtant si bien représentée dans les hautes sphères du Grenelle de l’environnement… Ceux qui prétendent s’y engager n’y croiraient-ils plus vraiment eux-même ?
Pas même un lot de consolation, pourtant presque innombrables : ni « Prix d’avenir », ni prix « Performances écologiques », que ce soit dans la mention « innovation » ou dans la mention « approche écologique globale », pas non plus pour le prix « Nature en ville » ou la « Qualité du projet à la vie de quartier » (où la ville de Tours reçoit un accessit pour l’écoquartier de Monconseil, seule distinction pour une ville de la région), ni même pour le « Renouvellement Urbain », catégorie « Rénovation de Quartier » ou « requalification urbaine »… Bref, rien de rien…
Et pour cause : Orléans n’a pas présenté de dossier, tout simplement parce qu’il n’a pas encore de projet d’aménagement d’écoquartier, ou du moins n’a-t-il qu’un embryon de projet, rien qui ne ressemble encore dans les intentions et le mode d’élaboration à ce qui caractérise la conception même d’un écoquartier.
Orléans a des projets d’aménagement, mais pas dans la catégorie « développement durable ». Orléans préfèrerait se distinguer dans la catégorie « sport professionnel et grands spectacles », mention « budget record », mais rien n’est prévu à ce chapitre dans le Grenelle. Dommage…
C’est d’autant plus désolant que les intentions étaient bonne, en 2008, lorsque Marie Cugny-Seguin a pris ses fonction d’adjointe au développement durable. Qu’on se souvienne de sa première interview, en avril 2008, sur France Bleu Orléans :

Une grande ambition, à l’époque. Jusqu’à la volonté de faire d’Orléans une « éco-cité », à l’instar de cet autre label qu’a pu attribuer le ministère à 13 collectivités particulièrement motivées par un aménagement urbain plus respectueux de l’avenir de nos enfants. 13 agglomérations qui se sont vues reconnaître ce statut de précurseurs dans les « grands projets d’innovation architecturale, sociale et énergétique » pour « témoigner de l’excellence des acteurs français de l’aménagement et de la construction, et constituer des références à l’échelle nationale et internationale« .
Dommage encore : l’agglomération d’Orléans ne sera pas parmi les Écocités pionnières qui « auront un effet d’entraînement, en permettant la diffusion de nouvelles pratiques, le développement de nouveaux savoir-faire ainsi que des nouveaux métiers de la croissance verte« … Il y a bien dans la liste Metz métropole et Clermont-Ferrand, agglomération de taille comparable à la nôtre, mais pas d’Orléans…
Il faut croire que les actes du maire d’Orléans ne sont pas à la hauteur des discours du rapporteur du Grenelle de l’environnement, et que l’ambition de Marie Cugny-Seguin se sera heurtée à l’arbitrage en faveur d’un adjoint à l’urbanisme complètement sourd à ces idées innovantes. À l’heure où Marie Cugny-Seguin s’en va œuvrer dans un contexte certainement plus favorable à une réelle écoute des enjeux de l’écologie politique, on peut craindre que la dynamique ne sera jamais présente dans cette mandature pour qu’Orléans rattrape les retards qu’elle est en train d’accumuler.

1 commentaire pour Orléans, absente des vrais enjeux écologiques

  • regis reguigne

    Et en 2012 ….Orléans sera-t-elle présente sur les rendez-vous écologiques ?
    Alors , bonne chance et ; BONNE ANNEE 2012 .

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