Avec l’interdiction d’exporter du blé faites aux agriculteurs russes, certains se frottent les mains. On pourrait penser que ce sont les agriculteurs céréaliers des autres pays mais pas du tout. La plupart d’entre eux ont vendu « à terme », c’est à dire à un prix fixé en début d’année avant les terribles incendies russes et l’envolée des cours mondiaux. Revient donc LA question de la participation au cours mondial pour une denrée primordiale pour l’alimentation de millions de personnes dans le monde. Le président géorgien a pris la mesure du problème et n’a pas hésité à se mettre en scène dans une boulangerie pour tirer la sonnette d’alarme. Là-bas, le prix du pain qui s’envole et c’est l’émeute ! Nous n’en sommes pas là en France, mais nous pouvons nous poser la question du juste prix du blé et des manières pour éviter de trop fortes variations du prix de la matière première. Un gouvernement fort et qui aurait un réel pouvoir sur la société française pourrait inviter les acteurs de ce secteur à se mettre autour d’une table et à discuter pour arriver à payer chacun à la hauteur de sa tâche. Je ne crois pas que les agriculteurs prennent plaisir à recevoir des subventions et que l’immense majorité préférerait toucher un prix équitable qui leur permette de vivre décemment de leur métier. Une convention passée avec les minotiers et transformateurs qui fixerait pour l’année le prix du blé serait une bonne chose. Encore faudrait-il que les industriels respectent leur engagement contrairement à ceux de la filière lait qui refusent de payer le prix convenu avec les producteurs il y a quelques mois…
Ceux, trop rares, qui cultivent leurs céréales, souvent en bio, pour fabriquer leur pain à la ferme et le vendre en direct sur les marchés ne sont pas soumis à cette dictature du marché. Sans vouloir transformer du jour au lendemain toute la filière, je pense qu’un peu d’éthique et de respect pour celui qui produit la matière première serait bénéfique pour l’ensemble de notre société.

Je suis toujours attentif à ces problèmes de blé. Mon Père et mon Grd Père étaient des minotiers. Ils recevaient du blé d’Ukraine, d’Antofagasta au Chili, de Winnipeg au Canada et de la Beauce bien sûr. Je n’ai retenu que ces noms qui me faisaient rêver, il y en avait d’autres bien sûr à cause des cours.
La vraie question est bien dans ton texte « Un gouvernement fort et qui aurait un réel pouvoir sur la société française ». On se demande quels sont les pouvoirs de ceux qui nous gouvernent et quels sont ceux que nous aurons si nous revenons aux affaires ?
Euh… On est sur un blog vert, là ? Parce que fait venir du blé d’Ukraine ou de Géorgie, au niveau de l’empreinte écologique, c’est pas top.
Petite parenthèse sur le commentaire de BCT : « si nous revenons aux affaires » : c’est ce genre de commentaire arrogant qui risque de faire que vous n’y reveniez jamais. Dites-nous d’abord ce que vous y feriez (si vous le savez, voir l’article de Slate http://www.slate.fr/story/26555/ps-programme-presidentielle-aubry-DSK) on verra ensuite si on a envie de vous y revoir, aux affaires.