Faisant la leçon sur le développement durable à quelques étudiants de l’IAV, Serge Grouard a eu cette formule : « En matière de développement durable, il y a le travail de fond et le cosmétique. Le fond, c’est en général ce qui ne se voit pas, mais qui pourtant donne des résultats ; le cosmétique, en revanche, c’est ce qui se voit, mais qui n’a qu’une efficacité limitée. » (voir la Rèp du 12 mars). Cette phrase m’a interpellé tant elle correspond assez précisément à ce qui me vient à l’esprit à propos de la plupart des actions liées à l’Agenda 21 de la mairie…
Commençons par un premier exemple… Le bio à la cantine.
Ceux qui ont pu voir le film « Nos enfants nous accuserons » comprendrons la distinction entre cosmétique et travail de fond. Dans la ville de Barjac, le maire a entrepris de faire changer les mentalités par une politique, comment dirais-je… volontariste ! À faire changer les mentalités mais aussi les habitudes de consommation par l’un des leviers les plus efficaces : la pédagogie (en acte) envers les enfants, qui se transmet inéluctablement et efficacement à toute leur famille. À faire évoluer également les modes de culture des producteurs locaux, dont certains n’attendent que des garanties sur l’écoulement de leurs produits. Certes, Barjac est une petite ville. Mais à Lorient, par exemple, ville d’une dimension plus comparable à Orléans, la municipalité mène depuis plus de 10 ans une politique d’introduction des aliments issus de l’agriculture biologique dans la restauration scolaire particulièrement… volontariste. Jusqu’à représenter aujourd’hui 25% des achats de nourriture.
Mais à Orléans, on a le volontarisme sélectif…
Et par ailleurs, on est coincé par des négociations commerciales avec les prestataires à qui la restauration scolaire à été délégué. Résultats : 1 repas bio dans les cantines quelques semaines avant les élections municipales, l’année passée, puis un autre le 26 janvier dernier… , Il semble que le dernier cahier des charges exigeait 1 repas bio par an. Si ce n’est pas du cosmétique!…
Espérons que le cahier des charges du nouvel appel d’offre, lancé après qu’ai été juridiquement cassé le contrat passé avec la Sogeres est doublé la dose, ce qui serait facile… En tout état de cause, cela restera un alibi, pas un travail de fond !

Jean-Philippe,
Lors de la RdB, j’ai justement discuté justement du bio dans les cantines avec ta collègue des Verts fraichement arrivée au conseil municipal d’Orléans.
Elle ne tenait pas le même discours que toi, et j’étais d’accord avec elle :
Pour alimenter en bio les cantines d’Orléans, il faut une quantité importante d’aliments, qu’il faut alors faire venir d’Afrique du Sud ou d’Amérique Latine ! Quel est l’intérêt ? C’est toi qui souhaite mettre en place de la cosmétique : pouvoir dire « il y a du bio dans les cantines », même si coûte plus cher à la planète que ça ne lui rapporte…
Je suis très favorable aux produits bio, à condition que ce ne soit pas juste de la cosmétique…
Comme nous le disions avec Marie-Thérèse, il vaudrait mieux introduire dans les appels d’offres un critère de bilan carbone permettant de favoriser les produits locaux. Ca, se serait plus écologique que d’avoir des repas bio tous les quatre matins. Ce n’est pas à l’étude, justement ?
Il ne faut évidemment pas faire venir des produits bio de l’autre bout de la terre mais il se trouve que Bio Centre propose de mettre en rapport les producteurs locaux en bio et les collectivités. La production pourrait être suffisante d’autant plus que la co,ntractualisation avec les maraîchers est possible. Dire à un producteur: « la ville d’Orléans s’engage à acheter 50 tonnes de carottes bio pour alimenter ses cantines scolaires », permettrait de prévoir les semis en conséquence et d’assurer la vente de la récolte à venir. Il faut en effet étudier cette possibilité avant de dire que ce n’est pas possible…
Bonsoir,
Visiblement nous nous sommes pas compris avec Mazzhe car ce n’est absolument pas contradictoire. Bien sûr, je suis POUR le BIO à la cantine et bien sûr je suis POUR le « consommer local et de saison ». Pour les cantines, l’important n’est pas de consommer 1 fois par an (comme une BA annuelle) 1 repas BIO. Il est de loin préférable de consommer régulièrement des produits BIO (pain, lait, laitages, fuits, légumes ou viande) et réussir ainsi à ancrer la production BIO locale.
En consommant 1 seul repas BIO complet, on a plus de risque de le faire venir de l’autre bout de la planète.
Consommer BIO c’est BON pour la planète, c’est BON pour l’emploi, c’est BON pour l’eau , c’est BON pour les paysages, c’est BON pour le consommateur, c’est BON pour la santé… Mais il le faut LOCAL ce BIO… Alors encourageons nos producteurs locaux.
Marie Thérèse qui consomme BIO local depuis plus de 20 ans.