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L’argent, l’argent, l’argent !

L’argent perverti tout. Les rapports entre les hommes; les esprits; la façon de consommer et tant d’autres choses plus ou moins importantes qui donnent un sens à la vie.

Franchement, je ne pensais pas tenir de tels propos que certains pourraient traiter de communistes et d’autres de démagogues. Et pourtant, j’ai en quelques semaines vécu ce qui m’apparaît être les deux extrêmes de ce que l’on peut ressentir quand on pense au sens de la vie.

Lors de mon voyage au Mali, j’ai été agréablement surpris de voir fonctionner la communauté Touareg qui m’accueillait. Pendant dix jours je n’ai pas vu une pièce ou un billet s’échanger. J’ai vu des personnes donner de l’eau, du tabac à priser, un gigot de chèvre, un sac de mil sans qu’à aucun moment il ne soit question d’argent. Simplement l’idée que ceux qui le peuvent doivent donner aux autres car ils seront contents qu’on leur donne également un jour lorsqu’ils en auront besoin. Et puis, le dernier jour, nous avons voulu remercier l’équipe qui nous avait conduit à travers le désert pour nous montrer ce qui était fait de l’argent que nous leur remettons dans le cadre de notre association. ils étaient cinq et nous leur avons donné la modeste (croyions nous) somme de 20 euros chacun. Et là nous avons eu droit à un ballet de touaregs riants et chantants qui venaient tour à tour nous remercier chaleureusement comme si c’était le plus beau jour de leur vie.

Quelques jours après, j’ai participé à un salon européen sur lequel je présente mes objets recyclés. Et là le retour à la réalité a été bien dur. J’ai parlé argent pendant 3 jours. Mes clients me demandant des remises sur mes tarifs évidemment toujours trop élevés. Les autres fabricants se demandant si la crise financière allait avoir un impact sur leur business. Les rumeurs de rachats et de dépôts de bilan allant bon train. Les paris sur les baisses de chiffre d’affaires à attendre dans notre industrie. Les récits de vacances au soleil ou au sports d’hiver montrant que la situation n’est pas encore désespérée pour tout le monde.

Dire que je rêve de vivre comme les touaregs serait malhonnête (et vous savez ce que j’en pense de la malhonnêteté), mais je suis attaché à certaines valeurs et la solidarité en est une que je m’emploies à porter chaque jour professionnellement et personnellement. Et c’est là un des clivages majeurs entre C.E. Lemaignen et moi. Je n’aurai jamais oser comparer ma situation avec celle des éboueurs de l’Agglo. Qu’il compare son indemnité au salaire des agents et se justifie en expliquant qu’il prend moins de vacances et qu’il travaille plus montre le peu d’intérêt qu’il porte aux valeurs qui font la grandeur d’un homme politique.

1 commentaire pour L’argent, l’argent, l’argent !

  • En première lecture on est tenté de vous approuver.
    A la réflexion, le rôle de l’argent dans la société est plus complexe, évidement, que la vision un peu simpliste que vous en avez… ou du moins que vous en donnez ici, ce qui n’est pas la même chose…

    Ce qui tue les relations sociales, ce n’est pas l’argent, c’est l’excès d’importance qu’on lui accorde.
    De même que ce n’est pas la voiture qui est l’ennemie de la circulation, c’est son usage excessif qui l’est. De la même façon, divers produits illégaux peuvent à petites doses et sous contrôle se révéler d’excellents médicaments, mais ils deviennent drogues (et souvent drogues dures) lorsqu’on les utilise à mauvais escient. Alcool et tabac compris, bien qu’ils soient légaux.

    Rien n’interdit de boire un verre d’apéritif avec des amis pour réchauffer l’atmosphère, mais si ça devient un but en soi, on dépasse les limites et ça devient très vite un triste acte de consommation addictive.

    L’argent, c’est la même chose. Il ne devrait être qu’un moyen d’échange et non un but en soi. Il est nécessaire quand on n’en a pas, mais même lorsqu’on en a, on en veut toujours plus et ça devient le but essentiel de la vie.
    En fait c’est la mort.
    La mort du temps libre, du temps de vivre et de la convivialité, mais également la mort bien réelle des autres, d’inconnus dans les pays lointains où peut-être vous-même vous réjouirez d’avoir eu une expérience de bonheur parmi des gens désargentés…
    A l’inverse, avez-vous eu la chance de fréquenter la jet-set où l’argent coule à flot ? Vous auriez probablement eu la même impression relative de convivialité, puisque à partir d’un certain niveau où l’on n’a plus besoin de « le compter », l’argent ne compte plus !

    D’où l’on peut déduire que l’on peut être heureux tout autant, bien que dans des formes différentes, avec énormément d’argent ou pas du tout. Par contre, on est très souvent malheureux lorsqu’on cherche à en gagner…
    C’est tout le paradoxe : « faut-il perdre son temps à.. gagner sa vie » ?

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