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La place de la voiture en ville et dans nos vies

Interpellé par Minijack dans le billet « le retour du tout voiture ? » , je tiens à préciser certains points:

Je parle bien de la place de la voiture en ville et en particulier en centre ville. Je parle également des visiteurs et non des résidents. Ceux-ci doivent pouvoir accéder à leur logement et je préfère un centre ville habité qu’un « downtown » à l’américaine sans vie après 18 heures. 

Je suis amené très régulièrement à accéder à la mairie par l’ouest de la ville, par le faubourg St Jean ou le faubourg Madeleine. Je viens en voiture car je rentre ensuite au sud de la Loire. Dans ce cas, les transports en commun sont inadaptés et je suis très heureux de pouvoir utiliser cet « instrument de liberté incomparable », toujours selon Minijack.

Je mets aujourd’hui de 30 à 45 minutes aux heures de pointe pour aller du haut du faubourg Madeleine au niveau de Renault jusqu’à la mairie. Cher Minijack , quel temps mettrai-je lorsque les voitures ne pollueront plus ? Plus d’1 heure sans doute…

Je demande que nos édiles nous encouragent à utiliser d’autres moyens de déplacement que notre voiture en créant une véritable ligne de tram en site propre qui lui permettra d’être plus rapide que la voiture , des pistes cyclables, des trottoirs larges… autant de solutions pragmatiques chères à nos dirigeants actuels.

8 commentaires pour La place de la voiture en ville et dans nos vies

  • Sans le vouloir vraiment vous confirmez ce que je disais : La voiture est un indispensable instrument de liberté. C’est juste que ma « perspective » n’est pas la même que la vôtre.

    Vous dites que vous mettez actuellement 30 à 45 mn aux heures de pointe pour vous rendre d’un point à un autre du fait que les TSP ne sont pas appropriés à votre besoin, et vous vous interrogez sur le temps que vous mettrez dans dix ans… Mais cher monsieur Grand, vous mettrez le même temps, ni plus ni moins, pour la bonne raison que ce n’est pas la voiture qui est en cause mais la fluidité des trafics dûe aux horaires tous identiques de commencement et de fin du travail.

    Les deux principaux griefs actuellement reprochés à l’usage des véhicules familiaux personnels sont : la pollution et l’encombrement.

    La pollution sera résolue lorsque tous les véhicules fonctionneront à l’électricité ou à l’air comprimé, ce qui ne saurait tarder.
    Il y a longtemps que ça n’est plus un problème technique et nous pourrions d’ores et déjà tous « rouler écolo » si les lobbies pétroliers et industriels de l’automobile avaient osé prendre le virage avant… C’est malheureusement toujours contraints et forcés que les grands trusts évoluent. C’est donc résolument un problème politique. Heureusement, la « Crise » est là !

    Les encombrements quant à eux seront résolus non pas par la taille ou le nombre de voitures remplacées par des vélos mais par leur étalement dans le temps.
    Le terme important dans votre phrase n’est pas « automobile » mais « heures de pointe ».
    Vous avez en effet mis le doigt sur l’essentiel en prenant la mesure du « temps » qu’il faut pour aller d’un point à un autre « aux heures de pointe ». C’est en effet le temps qui est la mesure principale et commune de nos vies.

    Le développement du télétravail pourrait déjà résoudre une bonne part des encombrements de circulation et de parkings en centre-ville, occupés en majorité par des pendulaires et administratifs qui pour beaucoup pourraient tout aussi bien travailler de chez eux ou à l’extérieur de nos centre-villes. Qu’est-il vraiment besoin de placer nos préfectures et nos centres administratifs au coeur des villes ? Les Mairies de Proximité ont démontré leur efficience quant à leur rôle vis-à-vis des populations quartiers par quartiers. La grosse administration centrale quant à elle pourrait fort bien se situer hors des boulevards sans que ça change quoi que ce soit à son efficience.
    Même remarque pour la Sécurité sociale, la Préfecture ou la Région.
    Le commissariat est déjà « décentré » et ça ne l’empêche pas de fonctionner fort bien, de même que la CAF à Saint-Marceau qui manque toutefois d’un accès facile par TC.

    Quant au reste, si tous les véhicules de résidents intra-mail étaient déjà rangés dans leurs garages (pour autant qu’ils en eussent) au lieu de l’être au bord des trottoirs, la chaussée serait bien plus disponible aux véhicules de visiteurs.
    Retirez de la chaussée les quelques 3000 à 5000 véhicules de riverains de centre-ville abonnés en continu aux parcmètres et vous aurez une fluidité bien plus grande de la circulation pour les autres venant de l’extérieur des boulevards.

    Il n’y a pas assez de « boxes privés » en ville.
    Des parkings ouverts, c’est bon pour les visiteurs qui viennent faire une course une heure ou deux, pas pour les résidents qui eux ont besoin de fermer leur local, d’y déposer sans crainte leur chargeur de batterie, leurs pneus-neige, leur poussette ou leurs vélos, ou tout simplement leurs courses en attendant de remonter à leur appartement plutôt que d’être obligés de stationner à cheval sur le trottoir d’en face ou de bloquer la circulation le temps de décharger.

    Imaginez le centre-ville avec seulement 1000 ou 2000 véhicules ventouses en moins. Imaginez l’impulsion donnée aux petits commerces si on pouvait facilement trouver place devant. C’est pour le coup que la pollution diminuerait car en effet on n’aurait plus besoin d’aller dans les grandes surfaces extérieures, « là où il y a du parking ».

    –et surtout il faut prendre des mesures pour interdire le découpage d’immeubles sans garages (contrairement au Code d’Urbanisme qui se contente d’imposer une taxe jamais perçue ou utilisée à d’autres fins que la construction de parkings de proximité dans un rayon de 300 m)–

    Mais pour tout ça, il faut une volonté politique pour « organiser cette fluidité » au lieu de chasser systématiquement la voiture de la ville.

  • admin

    cher Minijack,
    je confirme sciemment que la voiture est un instrument de liberté. C’est justement pour cela que les politiques doivent réguler son utilisation. Le vieil adage selon lequel la liberté des uns s’arrête ou celle des autres commence n’a jamais eu autant de sens. Si nous prenons tous notre voiture, la vie en ville deviendra infernale.

    Si je pense mettre plus de temps dans dix ans pour accéder au centre ville, c’est bien parce que l’un des deux freins à l’utilisation de la voiture, la pollution, n’existera plus. Si les voitures ne polluent plus, je m’attends à ce qu’il y ait beaucoup plus de voitures qu’aujourd’hui et donc plus d’embouteillages.

    Quant aux heures de pointe, l’étalement à ses limites et nous pourrons faire ce que nous voudrons, les bureaux fermeront entre 17h et 18h et ouvriront entre 8h et 9h et donc les orléanais devront de toutes façons traverser la ville dans ces tranches horaires. Le télétravail ne concernera qu’une frange marginale de la population qui voudra elle aussi se déplacer pour faire ses courses et qui viendra grossir les embouteillages aux heures de pointe.

    N’avez-vous jamais remarqué le nombre de retraités qui font leurs courses le samedi ? Proposez-vous de leur interdire de sortir quand ils le veulent ? Les bureaux des temps peuvent avoir des résultats impressionnants mais il faut respecter la liberté de chacun.

  • Il ne saurait être question d’ »interdire », mais au contraire d’encourager et de favoriser. Que diable, les horaires à la carte sont là pour ça !
    Et si je suis résolument contre le fait de ne travailler QUE 35 heures de façon impérative, le fait est que la semaine en compte au moins 60 « de jour », sans parler de nocturnes ou du travail du dimanche.
    Il y a là largement de quoi étaler davantage nos plages d’ouverture / fermeture.

    Pour le reste, si les voitures ne polluent plus, on peut en effet imaginer qu’elles soient davantage utilisées, mais d’une part ce n’est pas couru d’avance parce qu’on n’utilise de plus en plus sa voiture que si l’on en a vraiment besoin (c’est l’une des retombées positives de la « Crise »), et d’autre part s’il était possible de garer les véhicules ventouses des riverains en sous-sols au lieu des bords de trottoirs, où serait la difficulté d’en recevoir jusqu’à deux fois plus de visiteurs extérieurs qui eux, ne viennent pas aux heures pendulaires ? Au pire, ça n’en ferait toujours que le même nombre en surface mais l’activité des centre-villes s’en verrait décuplée.

  • admin

    Cher Minijack,
    vos propos, que je respecte, sont ceux d’un homme de droite et je vous remercie de ce débat enrichissant qui montre bon nombre des clivages qui nous séparent. Non, la gauche et la droite ce n’est pas pareil et nous le démontrons au travers de notre débat. J’ai peur qu’il ne soit limité qu’à nous deux mais d’autres nous rejoindrons peut-être …

    Il est simplement dommage que notre maire est une défiance de principe pour les blogs car j’aimerai avoir ce débat avec lui, le conseil municipal n’étant malheureusement qu’un lieu d’enregistrement des décisions municipales où les débats de fond sont rares.

    Vous me parlez d’horaires à la carte. Mais qui peut avoir des horaires à la carte ? Les travailleurs indépendants qui restent peu nombreux et les travailleurs pauvres à qui on impose de venir travailler de 10h à 13h puis de revenir de 17h à 22h comme dans certaines grandes surfaces de notre agglomération. Pour les autres, l’immense majorité, un phénomène appelé rythme biologique fait que nous avons faim vers 12h et 19h, que nous voulons nous coucher vers 22h et nous réveiller vers 7h. C’est un rythme contre lequel il ne fait pas bon aller, demandez à ceux qui font les 3/8 ! Je sais que certains passent outre, comme vous ou moi qui passons beaucoup plus de temps devant notre ordinateur et à des heures tardives, mais regardez bien les aires d’autoroute à 12h et demandez-vous pourquoi tous ces gens en vacance s’entassent plutôt qu’attendre 2h pour manger tranquillement. Toute la bonne volonté politique ne fera pas changer ces rythmes ou très à la marge.

    Vous parlez d’ouvertures des commerces le soir ou le dimanche. Devons-nous détruire la vie de famille de ceux qui ne pourront dire non à leur patron lorsqu’il leur dira de venir travailler le dimanche ? Je ne le pense pas. Faire croire que chacun est libre de refuser est un mensonge grossier de personnes comme notre ministre du travail.

    Pour l’utilisation de la voiture, qu’est ce qui réduit les déplacements ? Le coût du carburant. Si les véhicules roulent à l’air comprimé, on peut espérer que le coût aux 100 kms sera très faible. Nous serons donc encouragés à faire des kilomètres pour bénéficier d’une « bonne affaire ». Lorsqu’on voit le nombre de personnes qui vont jusqu’à Troyes pour acheter des vêtements qui ne sont même plus confectionnés là-bas, on se dit que les routes seront bien encombrées.

    Et puis vous avez peut-être des infos que je n’ai pas mais j’espère que nous serons sortis de la crise dans 15 ou 20 ans !

  • Je pense sincèrement qu’entre l’obligation faite à un employé de venir travailler le dimanche contre son gré ou d’effectuer son temps en deux parties espacées de quelques heures –non payées mais ne leur permettant pas de faire autre chose–, et le fait de libéraliser quelque peu l’actuel carcan législatif, il y a un réellement espace de décalage des plages de travail sur la journée.
    On peut parfaitement commencer à 9h00 ou 10h00 au lieu de 7h00 ou 8h00 et terminer à 19h00 ou 20h00 au lieu de 16h00 ou 17h00 sans que ça gêne en quoi que ce soit la vie familiale.
    Ca représente tout de même des étalements possibles de 2 à 4 heures par rapport à la « norme ». C’est loin d’être marginal.

    Quant au télétravail, il offre des possibilités encore plus souples d’aménagement des horaires. Un comptable ou un graphiste n’ont absolument pas besoin de se trouver physiquement dans un bureau pour être productifs. C’est juste une question d’organisation et de mentalités, pas toujours bien acceptées d’un certain establishment administratif. (le chef de service ne pourra plus avoir un oeil sur eux…)

    Indépendant, je pratique personnellement des horaires que beaucoup d’employés ne peuvent se permettre. Je mange quand j’ai faim quelle que soit l’heure, et je dors quand j’ai sommeil. Et je ne suis pas malade pour autant.

    Vous m’avancez des arguments théoriques relativement à l’heure où Vous, vous avez faim ou sommeil. C’est que vous êtes réglé sur l’horloge mécanique de la Société industrielle datant du XIXe siècle. Mais, vous qui êtes écologiste, revenez un peu à la Nature : Le soleil ne se lève ni ne se couche tous les jours à la même heure. Il s’en fout lui de votre horloge mécanique ! C’est la biologique qui lui importe. Et depuis des temps ancestraux, avec 1000kms d’écart, les Bretons dînaient et se couchaient bien après les Alsaciens. Il n’y a donc là rien d’intangible, sauf à bousculer les habitudes administratives.

    A quoi servirait-il que la gauche ait conquis les Congés Payés (ce qu’il faut lui reconnaître) si ce n’était pour en profiter ?… Que je sache, même si ça a eu ce résultat durant des décennies, ce n’était absolument pas pour interrompre toute activité industrielle en France durant un mois !
    De la même façon, la réduction du nombre des heures de travail hebdomadaire n’oblige en rien à tout fermer en même temps.

    On peut même imaginer de travailler trois jours de 11h30 heures ou quatre de 9h00 par semaine, ce qui permettrait à d’autres employés de relayer sur les mêmes postes les autres jours, y compris le dimanche, et ainsi tout le monde pourrait profiter à fond de ses heures libres pour aller dans les autres commerces, habituellement fermés quand ils sortent de leur boulot.

    Je ne sais pas plus que vous quand se terminera cette crise, mais je suis plutôt optimiste. Elle est une occasion unique de faire « bouger » tout ce conformisme auquel je suis surpris que vous vous référiez pour argumenter que les choses ne sont pas possibles…

    Yes we can !

  • admin

    Cher Minijack,
    je ne discute pas le fait que les lignes peuvent bouger et je pense qu’elles bougent beaucoup plus que vous ne le dites. J’en veux pour preuve les rapports que j’ai pu avoir avec plusieurs administrations telles que la préfecture où j’ai trouvé un niveau de service équivalent à celui que j’attends d’une entreprise privée. Je ne dis pas non plus que les horaires ne peuvent être aménagés pour certains mais j’aimerai savoir ce que vous me proposez de faire après avoir déposé mes filles à l’école à 8h40. Dois-je attendre 10h dans ma voiture pour m’éviter les embouteillages ? Je grossis le trait pour vous faire comprendre que rien n’est simple et qu’une grande majorité d’entre nous avons des contraintes qui nous jettent sur les routes en même temps.
    La différence fondamentale entre nous est l’approche universelle de mon raisonnement comparé au vôtre qui n’opposez que votre mode de vie au mien. Il se trouve que je ne mange pas à horaires fixes, que je me couche tard notamment parce que participe à de nombreuses réunions et que j’alimente mon blog. J’essaies simplement en voyant vivre mes contemporains d’en tirer quelques conclusions qui pourront, à l’avenir, me permettre de prendre des décisions qui engagent l’ensemble de la population. C’est, à mon avis, le propre de l’engagement politique.
    Quant à la durée hebdomadaire du travail, vos amis de l’UMP se sont bien gardés d’y toucher de manière frontale. Si la majorité de la population française avait voulue revenir sur les 35 heures, je ne doutes pas que N Sarkozy les auraient démantelées. Et puis travailler 9h ou 11h30 par jour serait absurde puisque la qualité du travail en serait altérée. Tout le monde n’a pas, comme vous je présume, la capacité de travailler plus de 8h par jour. Certains travaux sont pénibles, d’autres abrutissants et on ne peut, encore une fois, faire une généralité de votre cas.
    Pour conclure, oui nous le pouvons, mais nous ne pouvons pas forcément changer notre mode de vie aussi facilement que vous semblez le dire.

  • Je n’ai jamais dit que c’était simple et applicable de manière équitable pour tous. Je dis juste qu’il y a la possibilité réelle d’améliorer les choses si on le veut, sans pour autant supprimer les véhicules personnels.

    Nous ne sommes pas si loin l’un de l’autre. Encore une fois, c’est juste une question d’interprétation due à une perspective différente au départ. Si nous regardions les choses d’un peu plus haut et avec la même couleur de lunettes, nous les verrions identiques.
    ;c)

  • admin

    Cher Minijack,
    je ne milite pas non plus pour la suppression de la voiture mais pour une incitation à l’utiliser différemment pour éviter de gros problèmes d’infrastructures. tant que les voitures ne voleront pas, la place que nous pourrons lui consacrer sera limitée.
    Quant à la hauteur sur le sujet, j’avais plutôt l’impression que ce débat était enrichissant et courtois et je suis prêt à aborder tout autre sujet avec vous.

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