Si certains se posaient encore la question de savoir ce qui différencie Serge Grouard de l’écologiste convaincu que je suis, un élément de réponse a été apporté hier soir en conseil municipal. Lors du débat sur la phase II du projet centre ville présenté par Olivier Carré, j’ai plus particulièrement pointé la place de la voiture en ville. Serge Grouard m’a expliqué que d’ici peu les voitures ne seraient plus polluantes du tout. Si je comprends bien, comme la voiture ne polluera plus, nous pourrons revenir à une utilisation forcenée de cet outil individuel de déplacement au détriment des transports en commun, du covoiturage ou des déplacements doux . Je pense que Serge Grouard fait une erreur fondamentale en faisant cette analyse. Je pense, comme lui, que les ingénieurs vont trouver le moyen de remplacer le pétrole et que les voitures ne pollueront plus. Légitimement déculpabilisés, les automobilistes préféreront prendre leur voiture et nous devrons faire face à des embouteillages monstres en particulier en centre ville.
Si nous ne décidons pas, dès maintenant, d’envoyer un signe clair envers nos concitoyens de la place que nous voulons accorder à la voiture en privilégiant clairement le vélo, la marche à pied ou les transports en commun, nous replongerons dans les travers des années 60, dénoncés par Serge Grouard hier à propos de la trémie Jaurès et de la « saignée » de la N20 au coeur d’Orléans, et nous reviendrons au tout voiture.

Les voitures polluent peut-être moins qu’il y a 20 ans, mais elles sont plus nombreuses et aussi plus utilisées.
Et il ne faut pas se leurrer : dans 10, 20 ou 30 ans, nous aurons toujours un parc composé en majorité de véhicules polluants.
Aujourd’hui, c’est le piéton qui respire l’air pollué quand il attend son bus. Le cycliste essaie de se frayer un chemin à travers la jungle urbaine et en prend aussi plein les poumons.
Il faut vraiment inverser ce processus, et cesser de favoriser les infrastructures « aspirantes » de voitures ou de camions, que ce soit en ville ou entre les villes. Et donc aller dans le sens que privilégiez.
Où habitez-vous cher monsieur Grand ?
N’avez-vous pas vous-même une voiture pour vous rendre d’un point à un autre en toute indépendance lorsque vous avez des enfants en bas âge à transporter ou une personne âgée ou encore des cabats remplis des courses de la semaine ?
Arrêtons de croire que tout est soluble dans le TCSP.
Bien évidemment, il faut utiliser au maximum les transports les moins polluants, personne ne le nie. Mais encore faut-il se rendre compte de la faible pertinence de ces TCSP dans de nombreux cas, lorsqu’on habite au-delà d’une bande des trois cent mètres de chaque côté d’une ligne, car ça oblige alors à transporter manuellement des choses souvent lourdes ou encombrantes que l’on pourrait déposer en porte-à-porte avec un moyen de déplacement individuel.
Le véhicule familial personnel est un instrument de liberté incomparable que rien ne remplacera jamais.
Il peut évoluer et il est souhaitable qu’il évolue. Tant en termes de pollution qu’en termes de bruit et de sécurité quant à son usage. Mais dites-vous bien qu’avant les voitures automobiles, en plus des diligences (les TCSP de l’époque), il y avait aussi les cabriolets et les tombereaux tirés par un ou deux chevaux, ou même par un âne chez les plus pauvres, et qui étaient autant de moyens indépendants de déplacements individuels et familiaux.
Depuis que le monde existe, le côté grégaire des déplacements en tribus s’est largement dilué dans l’effervescence des innombrables déplacements individuels. Et c’est ce qui a produit la Civilisation. Seriez-vous contre le progrès ?
Outre les véhicules électriques, j’attends pour ma part avec une certaine impatience la mise sur le marché des « voitures à air comprimé » qui en plus de ne pas polluer par elles-mêmes ont de surcroît l’avantage de « dépolluer » l’air ambiant qu’elles aspirent.
Faudrait-il se passer ce de ces innovations en leur interdisant nos centres-villes alors que précisément c’est leur vocation la plus évidente ?
On a toujours tort quand on généralise.
Les TCSP ont leur utilité mais sont loin de résoudre les besoins réels des habitants des villes de province. Le maillage d’un TCSP comme le métro parisien correspond à une ville dont l’étendue et la densité permettent une rationalisation de leur usage en rapport avec leur coût d’investissement. Ce qui n’empêche pas la capitale d’être l’une des villes les plus polluées de France et où la circulation est un enfer.
On est heureusement très loin de ce cas de figure dans une ville comme Orléans où la moindre densité d’habitat est en soi la garantie d’une meilleure qualité de vie et de moindre pollution. Le revers de la médaille est évidemment la bien plus grande distance des stations et du coup la moindre utilisation des TCSP au bénéfice des véhicules privés.
Tout-Bagnole, tout-pétrole……
Si j’approuve l’analyse de l’absolue nécessité de mettre fin au tout-bagnole, je réfute totalement l’assertion qui prétent que « [...] les ingénieurs vont trouver le moyen de remplacer le pétrole et q……