Dans l’article « biocarburants: le bon sens paysan de retour », je faisais référence à une info de France Inter selon laquelle la surface cultivée de colza non alimentaire (pour le Diester) avait été divisée par deux à cause de l’envol du cours du blé. Le reportage expliquait que les acteurs industriels, chargés de la transformation du colza en huile qui est ensuite ajoutée au diesel, se plaignaient d’un approvisionnement aléatoire. Ils réclamaient des engagements d’approvisionnement réguliers par les agriculteurs.
Interpellé par un internaute éclairé (voir les commentaires), j’ai décidé d’engager le débat de manière ouverte, sans à priori. Voici donc mes premières réflexions qui appellent de votre part des réactions tout aussi ouvertes.
La culture du colza
Le colza est surtout cultivé pour ses graines, qui contiennent environ 50% d’une huile de bonne qualité nutritive (riche en acides gras insaturés). Une fois celle-ci extraite, ce qui reste de la graine, le tourteau, riche en protéines (40% de la matière sèche) est utilisé en alimentation animale. Les rendements moyens nationaux sont de l’ordre de 30 quintaux/ha pour le colza alimentaire, et de 25 q/ha pour le colza non alimentaire (source AGRESTE).
Le colza non alimentaire
La moitié des surfaces cultivées soit 700 000 hectares est utilisée pour produire un colza non alimentaire destiné à la production de diester. Cette part ne cesse de croître au détriment du colza alimentaire. Il y a bien pour moi un remplacement des surfaces agricoles destinées à l’alimentation humaine même si le tourteau peut être utilisé comme apport alimentaire du bétail.
Le rendement énergétique
Le rendement énergétique du colza est assez faible puisque pour 1 hectare de colza on obtient 1,37 Tonne Equivalent Pétrole (source AGRESTE – ministère de l’agiculture) alors que dans le même temps le rendement est de 4 Tonnes Equivalent Pétrole pour la betterave.
D’une manière générale, j’ai la plus grande difficulté à considérer la culture du colza comme une solution efficace. Je présume qu’un colza non alimentaire peut recevoir beaucoup plus de produits phytosanitaires pour améliorer son rendement.
Pour terminer, voici ma réponse à la conclusion du commentaire envoyé pour l’article « biocarburants… :
» Ne devraient-on pas également regarder à deux fois avant de parler d’un sujet qu’on ne connait pas ? » .
Tout d’abord, si les hommes et femmes politique ne parlaient que des sujets qu’ils maîtrisent parfaitement, ils ne diraient pas grand chose ! Etre élu c’est justement aborder tous les sujets de manière frontale, sans à priori et de se faire sa propre opinion. Nous sommes donc oligés de choisir de relayer les informations qui nous paraissent pertinentes. J’ai fait confiance à France Inter pour écrire mon article mais çà ne m’empêche pas de continuer à débattre pour étudier toutes les alternatives au pétrole.
