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Représentativité

Conseil municipalLa deuxième réunion de conseil municipal a déjà fait couler beaucoup d’encre…
Les élus de l’opposition et les blogueurs proche de la gauche se sont étonnés de l’agressivité de Serge Grouard et de son surprenant manque de sérénité en ce début de mandat. La République du Centre et France Bleu n’ont pu que constater un ton excessivement « exaspéré, dur, limite condescendant », « un agacement très perceptif », évoquant des propos hors antenne « assez véhéments »… Le blogueur et nouveau conseiller municipal (MPF) Quentin Thomas reproche à l’opposition de vouloir lancer une polémique qui n’aurait pas lieu d’être, et ainsi de ne pas se montrer « constructif »… On lui rétorquera qu’il ne s’agissait pas de discuter d’un projet, mais bel et bien de représentativité. Pour être « constructif », fallait-il remercier la majorité de nous retirer une voix, et par là même de nous empêcher précisément d’apporter nos remarques aux discussions du Conseil d’agglomération ? Évacuer les oppositions, aux motifs qu’elles ne vont pas suffisamment dans le sens de la majorité, évite certainement de se poser des questions et de se remettre en cause. Mais cela ne va pas dans le sens de la démocratie…

Serge Grouard se moque par ailleurs de l’inorganisation de l’opposition. Cette réaction est un peu convenue et inutilement désagréable en ce début de mandat, mais bon, peut-être est-ce de « bonne guerre », comme on dit… Et nous aurons rapidement l’occasion de nous gausser de l’incohérence de son équipe municipale…

Reste, plus important, l’affirmation faite à Baptiste Chapuis qu’il ne saurait parler au nom des orléanais, puisque ceux-ci l’ont « réduit à la minorité ». Comment interpréter ce déni de représentativité ?

Au soir de son élection, la main sur le coeur, Serge Grouard avait promis d’être le maire de tous les orléanais, et juré tenir compte du message de défiance transmis dans plusieurs quartiers. En ne reconnaissant pas la légitimité de l’opposition à s’exprimer au nom des orléanais, prend-on ce chemin ? Les élus de l’opposition, comme ceux de la majorité, sont les élus de tous les orléanais. Charge à eux d’exprimer comme ils le jugent nécessaire la diversité des sensibilités au sein de la population.

Aussi « courte » la majorité soit-elle, le nombre de poste obtenu par la liste arrivée en tête est prévu très large par le code électoral, de sorte que l’exécutif ne souffre pas d’instabilité. Cette position dominante peut se légitimer ainsi. Jamais elle ne saurait justifier la condescendance et l’arrogance des élus majoritaire vis-à-vis de ceux de l’opposition. Et si l’on suit l’argumentation de M. Grouard, doit-on refuser la parole à M. Languerre ou M. Gainier dans leurs nouvelles responsabilités d’adjoints de proximité sur des secteurs où ils ont été désavoués par les électeurs lors des élections cantonales ?

Par ce mépris de la parole de l’opposition, par ces nominations d’adjoints de proximité à contre-vote, M. Grouard envoie des signaux en totale contradiction avec ses propos d’écoute et d’attention particulière au sens du vote des quartiers populaires. L’opposition ne pourra être constructive que si la majorité lui accorde un espace de propositions, un droit à la parole. Par leur victoire, le maire et ses principaux adjoints ont les cartes en main, ils fixent la tonalité. Ne renversons pas les responsabilités : c’est d’abord à eux de se montrer à l’écoute et constructifs. Le dédain et la nervosité affichées par Serge Grouard dans la mise en route de ce mandat ne laisse rien présager de bon à ce sujet…

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