C’est donc çà la nature humaine ?
Jean-Philippe Grand | 20 novembre 2007Dans Géo d’octobre un petit article passe presque inaperçu en fin de magazine. Intitulé “la Tasmanie réduite en copeaux”, la journaliste Sylvie Buy dresse un portrait de l’industrie et des politiques de cette île qui symbolise pour moi tout le mal que l’homme peut faire pour satisfaire un besoin certes important, la fabrication de papier, mais que des alternatives viables comme le recyclage savent très bien remplacer. On y découvre que l’industriel qui exploite les forêts en accord avec les hommes politiques locaux, coupe des eucalyptus tricentenaires, carbonise au napalm les restes de coupe, empoisonne les wallabies et oppossums car ils aiment un peu trop les jeunes pousses, pulvérise par hélicoptère des pesticides avant de replanter des pins ou eucalyptus nitens, variété étrangère à l’île. Les conséquences sont désastreuses car au delà de la beauté de ces forêts, c’est tout l’écosystème qui est perturbé: morts par dizaines de milliers de chouettes, aigles et autres wombats qui ne savent pas que le poison ne leur est pas destiné, destruction de la biodiversité…
Le pire est que la machine s’emballe puisque les politiques sont incapables de savoir ce que l’industriel exporte et que les tasmaniens ne se mobilisent pas pour leur territoire. Ce n’est pas les 16% obtenus par Les Verts aux élections de 2006 qui changeront les choses car le problème est bien là: le pouvoir des politiques est énorme sur les questions environnementales et tant que l’on opposera développement économique et défense de l’environnement on arrivera à des décisions absurdes où détruire une forêt primaire et son écosystème paraît plus logique que de développer le tourisme vert.
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Cela n'est qu'une énième version de ce que décrit brillamment
jibey | 20 novembre 2007Cela n’est qu’une énième version de ce que décrit brillamment Jared Diamond dans son bouquin “Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie” (chez Gallimard), en explicitant notamment tout l’historique de la disparition de la civilisation de l’Île de Pâques par l’action de l’homme sur son environnement.
Un livre édifiant, une contribution supplémentaire pour nous faire comprendre qu’il faudra nécessairement et concrètement changer de système, de “logiciel” comme aiment à dire aujourd’hui les politiques…
(livre par ailleurs lauréat 2007 du prix du livre sur l’environnement, de la fondation Véolia pour l’environnement,ce qui mériterait quelques commentaires sur l’action de ladite société…)