Sortie du nucléaire : un enjeu majeur

2 juin 2013 dans Développement durable, Économie, Énergie, France, Planète Terre

Une fois n’est pas coutume, je relaie ici le communiqué des députés écologistes au sujet du débat qu’ils ont initié et qui démontre pour moi une fois de plus que toute notre énergie doit être déployée pour développer les énergies renouvelables. C’est un enjeu non seulement de sécurité pour nous tous mais également un enjeu économique majeur à l’heure où la Chine investie fortement dans la fabrication de panneaux photovoltaïques pour tuer l’industrie européenne de ce secteur.

 » Les député-e-s écologistes se réjouissent de la très bonne tenue du débat organisé à leur initiative sur la sûreté nucléaire, en séance de l’Assemblée nationale.

Denis Baupin, Barbara Pompili, Éva Sas, Véronique Massonneau, Paul Molac, François-Michel Lambert et Laurence Abeille y ont exprimé la forte inquiétude des écologistes face à la dégradation de la sûreté nucléaire et leurs attentes d’une amélioration forte de celle-ci sous l’impulsion de l’État.
 
Ce débat a été l’occasion d’entendre l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) confirmer qu’un accident nucléaire majeur est possible dans notre pays, et que son sentiment sur la sûreté actuelle du parc est « mitigé ». Alors même que, selon le directeur de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) « mettre la sûreté au cœur de la conception des réacteurs n’a pas été la priorité pour la génération actuelle des réacteurs », alors même qu’un accident nucléaire majeur coûterait, selon l’IRSN « des sommes faramineuses », « de l’ordre de 1000 milliards pour Fukushima », le nucléaire continue d’être la seule technologie non assurée, comme l’a confirmé la ministre.

L’Autorité de Sûreté a par ailleurs confirmé qu’il n’y a aucune garantie, réacteur par réacteur, que ceux ci puissent être prolongés au-delà de 30 ans, et encore moins de 40 ans. Cette ultime prolongation étant de toute façon conditionnée à une élévation du standard de sûreté des réacteurs concernés au niveau de l’EPR. La ministre de l’écologie a confirmé que ces éléments très importants, et les incertitudes qu’ils engendrent, ne pouvaient être ignorés dans le cadre du débat actuel sur la transition énergétique, la réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique français étant en conséquence jugée par elle « de bon sens ». Cela a amené l’expert physicien Bernard Laponche à estimer que toute prolongation de durée de vie d’un réacteur doit faire l’objet d’une décision du pouvoir politique et non du seul exploitant.

Ce débat a aussi été l’occasion pour la ministre de donner des indications importantes quant aux évolutions du cadre de sûreté qu’elle entend proposer dans la future loi Énergie. Elle a insiste sur l’élévation des standards de sûreté (une question d’autant plus pertinente, que selon le standard de sûreté allemand, Fessenheim ne pourrait continuer de fonctionner… le directeur de l’IRSN confirmant que la différence d’appréciation franco-allemande tenait à la sous évaluation du risque sismique a la conception du réacteur), la capacité de sanction de l’ASN, la réduction de la sous traitance en cascade, etc.

Les député-e-s écologistes en sont ressortis plus convaincus que jamais de la nécessité de la sortie le plus vite possible du risque nucléaire, passant notamment par la réduction a 50% en 2025, et impliquant en tout état de cause une élévation la plus rapide possible de la sûreté.

A l’issue du débat, Denis Baupin, chef de file du groupe pour ce débat, a déclaré : « Nous nous réjouissons des avancées annoncées par la ministre vers une moindre insécurité nucléaire. Elles prouvent que l’action continue des députés écologistes pour mettre ces questions a l’agenda parlementaire fait évoluer le gouvernement. Nous serons attentifs a leur mise en œuvre. Mais nous continuerons de demander la fin de l’exception nucléaire qui l’exonère de s’assurer de ses propres risques à la différence de toute autre industrie, ce qui fait reposer sur la société un risque insoutenable et fausse considérablement l’évaluation du coût réel de cette énergie. »
 
 
 
Barbara Pompili et François de Rugy, ci-présidents du groupe des député-e-s écologistes

Sécurité des cyclistes aux feux : Orléans comme toujours attentiste

28 mai 2013 dans Déplacements, Développement durable, Orléans

2009. La ville de Strasbourg expérimente, sur 5 carrefours, le « tourne à droite » vélo aux feux, c’est-à-dire la possibilité pour les cyclistes de considérer le feu rouge comme un cédez-le-passage, et donc de tourner en l’absence de piéton ou de véhicule venant de la gauche. Ou bien encore de poursuivre son chemin tout droit, lorsqu’il s’agit d’un carrefour dit en « T » (pas de route arrivant de la droite du cycliste).
C’était il y a donc maintenant environ 4 ans. L’expérience, menée également à Bordeaux, était inspirée du « code de la rue » visant à favoriser la coexistence des différents usagers. Ce fut un succès : aucun accident, et une sécurité accrue pour les cyclistes puisque cette disposition permet de dissocier le démarrage des vélos de celui des voitures et camions, et d’éviter tout particulièrement des accidents lorsque les véhicules motorisés souhaitent tourner à droite et manquent de visibilité sur la présence de vélos à leur droite.

Tant et si bien que dès la fin 2010, le gouvernement Fillon institua dans le Code de la route la possibilité pour les maires de fixer par arrêté municipal les carrefours bénéficiant de cette disposition. Cela gardait encore un côté un peu expérimental et il n’y avait pas encore de panneau officiel pour signaler aux cyclistes cette possibilité, mais beaucoup de villes profitèrent du décret gouvernemental pour mettre en place cette autorisation que les associations cyclistes réclament depuis longtemps pour améliorer la sécurité des deux-roues.
veloUn arrêté de janvier 2012 compléta tout cela en instaurant le panonceau officiel « M12 », « d’autorisation conditionnelle de franchissement pour cycles ».

Bref, tout cela est en réflexion depuis bien longtemps, et surtout totalement opérationnel depuis plus d’un an, et de nombreuses collectivités se sont déjà saisies de cette évolution réglementaire pour équiper leurs carrefours en conséquence.
Le CERTU (centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) a mis en ligne un observatoire des équipements réalisés, qui dénombre une petite centaine de villes ayant mis en place ce « cédez-le-passage » cycliste aux feux, certaines, et pas des moindres, ayant même étendu le dispositif en l’appliquant sur plusieurs dizaines de carrefours à feux (Nantes, Grenoble, Mulhouse, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Quimper, La Rochelle, Besançon…).
Certaines villes, qui n’étaient pas très en avance il y a quelques années quant à leur politique vélo, font désormais preuve de beaucoup de volontarisme : il y a quelques jours, Catherine Hervieu, élue EELV de la ville de Dijon, annonçait la généralisation de la mesure à l’ensemble des carrefours de la ville, soit 220 croisements.

Photo Thierry Bougot / La Rep

Photo Thierry Bougot / La Rep

Pour le Loiret, la liste n’est pas longue. Seule la ville d’Olivet a tenté l’expérience sur 4 carrefours.
Un article de la République du Centre du 12 mars 2013 s’en faisait l’écho, en mentionnant au passage des velléités supposées de la part de la ville d’Orléans… On peut donc imaginer qu’à Orléans aussi nous allons bientôt avoir droit à un test sur quelques feux…

L’heure n’est pourtant plus à tester timidement un dispositif qui a fait ses preuves. Et si la municipalité d’Orléans annonce bientôt l’équipement de 3-4 intersections, cela montrera une nouvelle fois le retard et le manque de dynamisme de la majorité actuelle pour innover, faire progresser la sécurité dans nos rues et favoriser réellement les déplacements doux.
Avec un Agenda 21 orléanais un peu à l’abandon et qui restera une opération de communication sans grandes réalisations concrètes, avec de longs discours sur le développement durable qui nous bercent de mots mais peinent à se traduire en actes, la ville d’Orléans est aujourd’hui à la traîne des améliorations effectives que l’on voit fleurir un peu partout autour de nous. Il va falloir se réveiller, s’inspirer de ce qui fonctionne et changer enfin de braquet…

Brève histoire des déplacements

16 mai 2013 dans AgglO, Europe, Orléans, Urbanisme

Les nordiques ont une autre vision des transports urbains, et ils se mobilisent depuis longtemps pour faire de la ville un espace où l’équilibre entre les modes de déplacements est beaucoup plus cohérent, beaucoup plus favorable à la qualité de vie en ville. À rebours de l’évolution schématisée par ce dessin, d’abord publié sur le site danois copenhagenize.com :

copenhagenize

Ce dessin résume assez bien la situation. Depuis l’après-guerre et le développement phénoménal de la voiture individuelle, les politiques mises en œuvre ont consisté à favoriser un parcours aussi direct que possible pour l’automobile. Y compris au cœur même des villes… En conséquence, les cheminements piétons et cyclistes sont devenus heurtés, discontinus, malaisés, dangereux, et ont été progressivement abandonnés par ceux qui ne veulent pas prendre de risques…
Il est temps de remettre les choses à leur place, et de fluidifier les déplacements doux, tellement mieux adaptés à l’urbanisme des centre-villes.

Campagne « nucléaire, tous concerné-e-s »

16 mai 2013 dans Développement durable, Économie, Europe, France, Planète Terre, Santé

Il y a parfois des petits films qui expriment mieux les idées que de longs discours…

« Assises de la culture » version Grouard, un outil politique trompeur

30 avril 2013 dans Culture, Orléans

Le débat mené en conseil municipal à propos de la tenue de ces « assises de la culture » me semble révélateur, une nouvelle fois, de la façon dont la municipalité actuelle envisage la concertation. Très vite, les interventions des élus de la majorité ont fait dévier le débat d’une critique qui portait non pas sur la richesse de l’offre culturelle, que chacun reconnaît comme importante, mais sur le mode d’organisation et l’ampleur du dialogue mené avec les acteurs culturels et les citoyens.

Vexés sans doute de ce constat d’un dispositif de concertation peu efficace et qui aura totalement négligé une réflexion sérieuse sur les perspectives à tracer, maintenant qu’un certain nombre de pistes d’améliorations sont suggérées, tant M. Valette que M. Grouard auront cherché à déplacer les arguments vers la justification de leur bilan.

Certes, le potentiel de propositions culturelles est important à Orléans, comme dans de nombreuses villes de la même taille. Et les services de la municipalité consacrent beaucoup d’énergie et un budget non négligeable pour essayer de soutenir les projets. Mais organiser des assises de la culture consistait précisément à identifier les dispositifs qui marchent bien (ou pas), à confirmer ou infirmer les priorités des années à venir… À faire un peu de prospective donc, en étant à l’écoute des citoyens, acteurs et publics de l’offre culturelle. En prenant soin bien évidemment de chercher à inclure tout particulièrement ceux qui ne sont pas, pas encore, acteurs et/ou publics…

Au lieu de cela, M. le maire et son adjoint à la culture auront simplement cherché à profiter de la tribune pour dire tout le bien qu’ils pensaient de leur action, s’auto-congratulant mutuellement d’une politique qui, à les entendre, ne mérite pas vraiment de changer en quoi que ce soit. Tout va bien, les actions sont parfaites dans tous les domaines, et nos édiles n’ont manifestement aucune leçon à recevoir quant à l’action culturelle dans les écoles et dans les quartiers, par exemple. C’est bien connu, la diversité des publics et de l’offre culturelle est parfaite à Orléans ! C’est d’ailleurs sans doute la seule ville en France où il n’est pas nécessaire de soulever ces problématiques !

Tout juste consent-on en haut lieu à admettre qu’il faudrait à Orléans un « marqueur » culturel mieux identifié, tarte à la crème d’une reconnaissance plus forte grâce à une « identité culturelle » propre… S’il y a pourtant bien quelque chose qui ne se décrète pas par les politiques ! Cela se construit plutôt patiemment, en étant précisément à l’écoute et en soutien des projets associatifs de terrain, et en contribuant à fournir des opportunités, des lieux de résidence, de création et d’exposition.

La municipalité actuelle a conçu, en fin de mandat, ces « assises » comme un outil politique, non comme un outil de travail. Pas vraiment d’écoute, mais plutôt la volonté de justifier et de valoriser des choix faits en amont de toute concertation.

Mais à trop s’auto-congratuler, on ne parvient plus à identifier correctement les améliorations possibles et les évolutions nécessaires. À trop jouer les professeurs condescendants, on ne parvient plus à être en position d’écoute et de compréhension.

Il faudra relancer une procédure beaucoup plus étendue, ouverte et ambitieuse, dès le début du prochain mandat…

Lutte contre l’homophobie: Orléans doit mieux faire !

12 avril 2013 dans Cohésion sociale, Orléans

Mardi soir, le Sénat votait le premier article de la loi sur le Mariage pour tous. Même si l’adoption de cette loi et la reconnaissance de l’égalité de tous/toutes les citoyens/nes face à l’union est une belle avancée dans une société profondément républicaine, la marche est encore longue dans le combat contre l’homophobie.

Ce mercredi, une manifestation a eue lieu sur le parvis de l’Hotel de Ville de Paris. Il s’agit d’un rassemblement contre l’homophobie et pour l’égalité spontanément organisé par Act Up et soutenu par de nombreuses associations et partis politiques, dont EELV, en réponse aux violences et exactions commises ce week-end : dégradation du local accueillant le Printemps des associations LGBT aux Blancs Manteaux (Paris), saccage de la voiture d’une sénatrice, harcèlement d’une autre, et, surtout, la violence qu’ont subie Wilfred de Bruijn et son compagnon, ainsi que les appels à la violence du GUD.

Face au constat d’ SOS-Homophobie de la recrudescence de la violence homophobe, le comité Idaho, organisateur de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, et le think tank République et diversité ont établi le classement des cinquante plus grandes villes françaises en matière de lutte contre l’homophobie. 

Orléans a un résultat déplorable : pensez qu’elle se retrouve 45ème sur 50 villes testées. Orléans est une ville qui ne combat pas l’homophobie.

Lorsqu’on sait que le budget du Centre Communal d’Action Social a été voté à la baisse, alors que des associations comme le GAGL 45, Aides, les Enfants d’Arc en Ciel et bien d’autres luttent chaque jour, entre autres, pour combattre ce fléau, il est inquiétant d’avoir une telle politique.

L’homophobie c’est chaque jour des suicides d’ado, des harcèlements au travail, de la peur dans les cités, de l’exclusion dans les campagnes.

Il est donc essentiel qu’une politique municipale ambitieuse soit menée sur ces questions, malgré le positionnement des députés UMP d’Orléans contre l’évolution vers l’égalité qu’est la réforme dite du Mariage pour tous.

classement Idahomètre

Le scénario négawatt : une solution pour l’emploi

7 avril 2013 dans C'est écolo et çà marche, Développement durable, Planète Terre

A l’initiative du groupe EELV de la Région Centre, nous avions reçu l’association négawatt l’an dernier qui nous avait expliqué son scénario et l’intérêt écologique qu’il avait pour la France. Le CIRED vient de réaliser une étude économique sur ce même scénario et son impact sur l’emploi. Voici résumé en quelques points ce que l’on peut retenir de ce travail sérieux dont la probité ne saurait être mise en doute.

La rénovation énergétique des logements existants créerait plus de 586 000 empplois d’ici 2030. Cela générerait des milliards d’euros de recettes fiscales. On peut également penser qu’aux rénovations énergétiques s’ajouteraient des rénovations d’embellissement ou de mises aux normes, elles-mêmes créatrices d’emplois.

Les énergies renouvelables seraient également fortement créatrices d’emplois. C’est un solde positif net de plus de 335 000 emplois qui seraient créés grâce à la diversification des moyens de production d’énergie. La sortie du nucléaire programmée pour 2033 peut légitimement angoisser ceux qui travaillent pour cette industrie aujourd’hui. Mais l’offre d’emplois plus qualifiés et moins dangereux pour les travailleurs comme pour la population compensent largement la baisse dans le nucléaire, d’autant que le démantèlement assurera des dizaines de milliers d’emplois pour les décennies à venir. Enfin, la balance commerciale négative liée à l’importation d’énergies fossiles serait fortement réduite grâce à la production d’énergies renouvelables hexagonales.

La synthèse est visible ici.

Je suis convaincu que ce scénario de négawatt représente une opportunité historique que nous ne devons, et peut-être ne pouvons pas laisser passer.
Alors, le changement, c’est maintenant ?

Arena: Un projet bien mal anticipé

24 mars 2013 dans Arena, Orléans, Politique - politique locale, Urbanisme

Jai eu l’occasion de montrer en conseil municipal que le projet d’Arena porté par le maire d’Orléans, qui ne nous a par ailleurs toujours pas été presenté, nécessite déjà des avenants alors que son budget n’est toujours pas ficelé.

Vous avez dit marketing territorial ?

13 mars 2013 dans Orléans, Politique - politique locale

Déferlante de propagande concernant les projets d’urbanisme orléanais ces dernières semaines…
Il y a eu bien sûr le lancement d’« Orléans 2025 », exposition et brochure dites et redites gratuites, mais qui n’en auront pas moins coûté a minima 350 000 € à la ville (c’est-à-dire, au final, un peu aux citoyens, non ?) et aux partenaires de la ville (c’est-à-dire, au final, un peu aux clients de ceux-ci…).
Il y a eu aussi une série d’Assemblées Générales de quartiers, séances d’auto-satisfaction municipale, lors desquelles on a pu assister à de longs monologues du maire. Ce fut une véritable caricature à St Marceau puisqu’après 45 minutes de monologue, le maire s’est cru obligé d’offir la parole à ses adjoints présents pour tout de suite la reprendre pour un peu plus d’une heure ! La démocratie participative n’a même pas atteint le premier cercle du maire, alors quant à espérer que les orléanais soient écoutés, on peut rêver…

Mais tout ça, ce ne sont bien entendu que des supports pour la concertation avec les habitants, et il faudrait sans doute avoir un esprit bien chagrin pour y voir une vaste opération de communication destinée à dresser un bilan aussi flatteur que possible des réalisations de la municipalité ces 10 dernières années…

Tout y passe pourtant des techniques commerciales des promoteurs immobiliers : photos, maquettes, tablettes tactiles, films de prévisualisation numérique (tiens, pas de 3D ! bizarre, c’est à la mode et cela aurait pu impressionner !)…
Tout y passe pourtant des techniques marketing de valorisation virtuelle des projets dont la réalité, s’ils viennent à être réalisés, est naturellement beaucoup plus prosaïque… Chacun le constate souvent en comparant ce qu’il a dans son assiette et l’image publicitaire vue à la télé ou sur le packaging, ou en comparant les images sur la brochure du promoteur et la réalité de l’immeuble construit à côté de chez lui…

On le sait, mais cela fonctionne malgré tout pas si mal, et l’on finit par se faire avoir quand même… Car ces techniques marketing sont éprouvées, trompeuses mais diablement efficaces…

Éric Doligé et Charles-Éric Lemaignen ont présenté il y a quelques jours au Conseil Général leur propre opération de communication : le marketing territorial. Comme Serge Grouard ces derniers temps transformé en un maire-VRP des projets municipaux, ils se font les chantres de collectivités territoriales transformées en entreprises devant faire face à d’autres collectivités considérées comme adversaires.
Toures les techniques de communication leurs paraissent alors justifiées, sous l’alibi de valoriser leur collectivité dans cette compétition acharnée. Gare a celui qui mettrait en cause leurs projets mirobolants, il pourrait bien vite être accusé de nuire à l’image de son propre « camp »…
Pourtant, les caractéristiques de ces projets censés valoriser notre territoire sont toujours les mêmes : de grandes infrastructures particulièrement coûteuses, investissements colossaux reportés sur les décennies à venir par la « grâce » des PPP, pour lesquels aucune alternative n’est étudiée, dont la viabilité n’est pas clairement établie, dont l’utilité est plus que douteuse et à propos desquels le sentiment des citoyens n’a bien évidemment jamais été demandé…

Tout cela s’explique mieux si l’on comprend que se cache en réalité derrière ce « marketing territorial » un marketing politique : la promotion des projets et des réalisations auprès des électeurs, sorte de pré-campagne électorale, où c’est davantage la gloriole du promoteur en chef qui est recherchée…
Et tout ce discours se construit en essayant de faire oublier la face cachée du marketing : dans le contexte de compétition qui sert de justification, tous les coups sont permis, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses objectifs, même si au passage il faudra camoufler de gros défauts, même si au passage il faudra étouffer d’autres projets. En constatant bien souvent, dans la sphère purement commerciale, que ceux qui mettent beaucoup d’énergie à chercher à nous convaincre le font pour les produits souvent les moins intéressants, les moins adaptés, ceux qui cachent le plus de défauts, ceux dont nous avons en réalité le moins besoin…
Lorsqu’il s’agit d’un pot de yaourt, la méprise n’est pas bien grave, et l’on aura vite fait de corriger son erreur en cessant de consommer ce produit et en portant son choix sur des produits aux bénéfices plus réels. Mais lorsqu’il s’agit de plusieurs millions d’investissements, nous n’avons pas le droit à l’erreur, et nous ne devons pas nous laisser leurrer par de belles images et de belles promesses.

Tout ce discours se construit en assimilant de façon très dogmatique collectivité et entreprise et en focalisant sur une prétendue inévitable « compétition ». Ne serait-il pas plus intéressant, particulièrement en période de crise, de valoriser les coopérations, les mutualisations entre collectivités, les projets en synergie plutôt qu’en affrontement ?
Car se projeter dans une telle perspective de compétition, c’est évidemment aussi contraindre ceux qui pourraient être des partenaires à devenir nos adversaires, les pousser à avoir la même attitude en retour, c’est-à-dire s’engager dans une fuite en avant de concurrence dévastatrice.
C’est aussi par ce raisonnement que sont privilégiés les partenariats publics-privés, au détriment de la coopération inter-collectivités, et malheureusement ainsi au mépris du soutien mutuel entre partenaires publiques.

Tout cela repose en réalité avant tout sur des attitudes de petits barons politiques locaux qui cherchent à forger une image personnelle, à préserver des intérêts purement locaux et individuels en tirant la couverture à soi…

Cette vision marketing est destructrice à la fois des projets réellement utiles à nos collectivités que des relations de partenariat et de solidarité qu’il faudra construire entre nos collectivités.
Changeons d’optique, de raisonnement. Changeons de logiciel de gestion, nos collectivités ne sont pas des entreprises qui auraient à se vendre auprès de consommateurs. Ce sont des projets communs où doit s’exprimer la solidarité plutôt que la compétition.

La Région Centre se mobilise pour l’emploi

15 février 2013 dans Économie, Région Centre, Territoire

mobilisation pour l'emploiJe suis intervenu en session du Conseil Régional pour soutenir les mesures mises en place par la Région Centre pour soutenir l’emploi. Voici mes réflexions sur le sujet :

Les mesures proposées dans ce plan de mobilisation pour l’emploi et le développement économique répondent à l’urgence à aider les entreprises qui sont le moteur de notre économie.

Je commencerai mon propos par le besoin en trésorerie. Mobiliser un million d’euros sur son fonds régional de garantie est une mesure fondamentale qui permettra à des centaines d’entreprises de se sortir de difficultés liées en partie à un dévoiement de la loi LME.

Ce qui était censé moraliser les pratiques et réduire significativement les délais de paiement n’a pas atteint son but. En effet les grandes entreprises exigent des TPE et PME un règlement des factures à 30 ou 45 jours comme la loi le prévoit quand les grands groupes continuent à payer à 60 voire 90 jours. cela crée un effet ciseau qui étrangle les petites entreprises qui sont à la merci de leurs clients et fournisseurs. Une PME ne prendra jamais le risque de perdre ses clients pour des questions de délais de paiement. Elle ne fera pas non plus de recours juridique pour les mêmes raisons. Ce sont donc les TPE et PME qui doivent être aidées en priorité pour passer ce cap difficile.
  
Je souhaite vous alerter sur une autre difficulté que rencontrent les TPE et PME. Il s’agit du risque d’impayés. L’assurance crédit coûte cher aux entreprises et elles sont de plus en plus nombreuses à risquer la survie de leur outil de travail et leurs emplois en résiliant leurs contrats. Cela risque de provoquer le dépôt de bilan de nombreuses entreprises dans les mois et années à venir. À cela s’ajoute la frilosité des assureurs à garantir les entreprises et la réforme financière Bâle 3 n’a que partiellement répondue à leurs attentes. Vous l’avez compris, prises entre plusieurs contraintes financières fortes, les PME sont bien plus fragilisées que les grands groupes qui font la une des journaux. Certes ce ne sont que quelques emplois par entreprise mais ce tissu dynamique qu’est l’artisanat, le commerce et les petites sociétés est de très loin le premier employeur de France et le premier créateur d’emplois.

L’appel a projets pour l’innovation dans les TPE et PME est une initiative de notre région qui permettra de donner une chance extraordinaire de développement pour des structures généralement exclues des dispositifs nationaux et européens et qui ont les plus grandes difficultés à convaincre les banques du fait que celles ci ne peuvent se garantir sur des biens immobiliers. N’oublions pas que les PME d’aujourd’hui seront peut être les grands groupes de demain. Il est important que nous donnions l’impulsion qui leur permette de franchir ce premier pas vers un développement exponentiel.

Je me dois de faire référence aux travaux que nous réalisons dans nos lycées et le soutien fort de la région pour l’amélioration énergétique de son patrimoine. Je veux simplement rappeler que les premiers bâtiments à énergie positive voient le jour, c’est le cas de la vie scolaire au lycée Jean Zay, et qu’au delà de l’intérêt même de réaliser des bâtiments plus économes et producteurs d’énergie, c’est l’aide à la structuration et la montée en compétence de nos entreprises régionales qui nous guide dans nos choix. Sachez que ce savoir faire s’exporte très bien dans les régions voisines et que notre rôle est aussi d’aider le tissu économique en étant exigeants sur la qualité de nos réalisations. 

Toutes ces mesures concourent à préserver l’emploi dans notre région et accompagnent au mieux notre tissu économique local.